Le groupe industriel égyptien Elsewedy Electric et l'entreprise publique algérienne Sonelgaz étudient la création d'une société commune destinée à développer des projets d'énergies renouvelables sur plusieurs marchés africains, parmi lesquels figure le Cameroun. L'information a été donnée par Ahmed Elsewedy, directeur général du groupe égyptien, dans des propos relayés le 19 mai par Asharq Business, média saoudien spécialisé dans l'actualité économique régionale et internationale.
Selon Asharq Business, Ahmed Elsewedy a indiqué que " l'entreprise et la Société nationale de l'électricité et du gaz (Sonelgaz) étudient actuellement la création d'une coentreprise destinée à développer des projets d'énergie solaire et éolienne sur plusieurs marchés africains, notamment au Sénégal, en Côte d'Ivoire et au Cameroun ". Le dirigeant égyptien a également précisé, toujours selon la même source, que " sept projets sont actuellement à l'étude avec les autorités algériennes ". Il a ajouté que le groupe " examine également des opportunités d'investissement dans la fabrication de câbles à fibre optique, afin de répondre à la demande du marché algérien et, plus largement, du marché africain ".
Yaoundé met sur la table 6,5 milliards de dollars d'investissements privés
Le calendrier du rapprochement entre Elsewedy Electric et Sonelgaz intervient alors que le Cameroun vient d'adopter son Compact énergétique national (CEN), une feuille de route arrêtée en 2025 visant à restructurer durablement le secteur de l'électricité à l'horizon 2030.
Dans ce cadre, le pays prévoit de mobiliser 12,5 milliards de dollars, soit près de 7 750 milliards de FCFA. Sur cette enveloppe, environ 6,5 milliards de dollars, équivalant à près de 3 674 milliards de FCFA, devraient provenir du secteur privé afin de financer près de la moitié du programme. Les ressources attendues combinent financements publics, prêts concessionnels et investissements privés destinés à accroître les capacités de production, renforcer les réseaux de transport et de distribution, ainsi qu'à accélérer le déploiement des énergies renouvelables.
Dans les documents officiels associés au Compact, les autorités camerounaises indiquent vouloir réduire plusieurs facteurs considérés comme des freins aux investissements privés. Le gouvernement prévoit notamment l'adoption d'une nouvelle loi sur l'électricité d'ici 2026. Ce texte devrait préciser les règles applicables aux partenariats public-privé dans les activités de production et de transport d'électricité, tout en offrant davantage de visibilité sur les engagements financiers à long terme.
Parallèlement, les autorités entendent faire adopter une législation spécifique aux énergies renouvelables afin d'établir les normes techniques, les mécanismes d'incitation ainsi que les régimes applicables aux mini-réseaux et aux installations solaires autonomes.
Le volet financier comprend également plusieurs mécanismes destinés à renforcer la confiance des investisseurs privés. Le gouvernement envisage notamment la création d'un fonds de stabilisation des paiements destiné à couvrir d'éventuels défauts temporaires de paiement. Des mesures d'incitation devraient aussi accompagner la fabrication locale d'équipements électriques, leur recyclage ainsi que le développement des infrastructures connectées au réseau national et des mini-réseaux autonomes exploités par des opérateurs privés.
À travers ce programme, le Cameroun ambitionne de raccorder environ huit millions de personnes supplémentaires au réseau électrique afin d'atteindre un taux d'accès de 100 %, contre 74 % en 2025 selon les chiffres du ministère de l'Eau et de l'Énergie.
Dans le même temps, la part des énergies renouvelables dans le mix électrique national devrait atteindre 10 % d'ici à 2030. Cette ambition s'inscrit notamment dans l'objectif annoncé en septembre 2023 par le ministre de l'Eau et de l'Énergie, Gaston Eloundou Essomba, lors de l'inauguration des centrales solaires de Guider et de Maroua. Le ministre avait alors indiqué que le Cameroun entendait porter sa capacité de production solaire de 30,6 MW à 250 MW à l'horizon 2030.
Cette montée en puissance du solaire s'accompagne également d'une série de mesures destinées à stimuler les investissements dans les équipements liés aux énergies renouvelables. Dans une circulaire signée le 12 février 2026, le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, a ainsi arrêté une liste d'équipements destinés à la production d'énergies renouvelables bénéficiant d'exonérations douanières temporaires.
Perton Biyiha
Publié le 20/05/26 12:33
La Rédaction
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CEMAC