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Swaps dette-nature : Le Gabon peut-il profiter du milliard de dollars de L&G pour ses forêts et océans ?

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En août 2023, le Gabon a signé un accord historique, devenant le premier pays d'Afrique continentale à échanger une partie de sa dette extérieure contre un engagement de protection de ses océans. Concrètement, au lieu de rembourser 500 millions de dollars à ses créanciers, le pays a négocié pour les remplacer par un emprunt moins coûteux. Ainsi, la différence, soit 163 millions de dollars sur 15 ans, a été réorientée vers la préservation des eaux marines. Ce mécanisme, appelé swap dette-nature, permet de consacrer des économies d'intérêts à la conservation de la biodiversité, un modèle encore rare mais en plein essor, et qui pourrait se renforcer grâce à de nouveaux financements.

Le processus pourrait prendre un nouveau tournant grâce à l'engagement de Legal & General (L&G), un des plus grands gestionnaires d'actifs au monde. En annonçant un investissement de 1 milliard de dollars sur les cinq prochaines années, L&G vise à accélérer la mise en place de swaps dette-nature dans les pays en développement. Ce financement inclut un package complet : des investisseurs, des assureurs contre les risques politiques (AXA XL), et des grandes organisations environnementales, travaillant de concert pour réduire le temps de mise en œuvre de ces accords, qui auparavant prenaient parfois des années à être négociés.

Le chemin vers une nouvelle série de swaps n'est pas exempt de difficultés. Le Gabon a déjà fait l'expérience de cette difficulté notamment politique : après avoir signé son premier accord en 2023, le pays a été secoué par une série d'événements ayant conduit à la transition quelques jours plus tard, ce qui a suscité des inquiétudes chez les partenaires financiers. Cependant, les mécanismes financiers du swap ont continué de fonctionner indépendamment de la turbulence politique, ce qui a permis de maintenir la crédibilité du pays auprès des investisseurs. Un cadre de protection essentiel pour rassurer les parties prenantes internationales et garantir la continuité des investissements.

Le Gabon est particulièrement bien positionné pour tirer parti de l'initiative de L&G, grâce à son patrimoine naturel, des forêts tropicales couvrant 88% de son territoire et des eaux poissonneuses parmi les plus riches du golfe de Guinée. Ces caractéristiques sont précisément ce que les mécanismes de swap dette-nature visent à protéger. Le Gabon possède déjà une expérience concrète du dispositif, ce qui lui confère une crédibilité établie auprès des investisseurs spécialisés. Si le gouvernement actuel envoie les bons signaux aux marchés, le pays pourrait devenir l'un des premiers pays africains à bénéficier du milliard de dollars d'investissement de L&G, transformant ainsi ses richesses naturelles en un véritable levier financier pour son avenir.

Idrissa Diakité

Publié le 24/02/26 11:09

La Rédaction

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