Le Cameroun va mobiliser un financement international de 102 millions d'euros pour soutenir sa production les filières coton et soja. L'information découle d'un décret présidentiel signé le 26 janvier 2026 à Yaoundé par le chef de l'État Paul Biya, qui ratifie un accord de financement conclu avec la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC), membre du Groupe de la Banque islamique de développement (BID).
Selon ce décret, l'accord porte sur un financement Murabaha d'un montant de 102 millions d'euros, soit environ 66,9 milliards de francs CFA, destiné à l'acquisition d'intrants agricoles et à la commercialisation du coton et du soja pour le compte de la République du Cameroun. Ce financement s'inscrit dans la continuité d'un autre décret, daté du 11 septembre 2025, par lequel le président de la République avait habilité le ministre de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire à signer cet accord avec l'ITFC.
Cet emprunt intervient dans un contexte où, la Société de développement du coton (Sodecoton), géant de l'agro-industrie, traverse une phase délicate. Selon les informations communiquées sur la campagne 2025/2026, le deuxième trimestre affiche une chute de 76 % de la production de coton, conséquence directe, d'après les données sectorielles, des inondations qui ont touché fin 2025 les bassins de production de l'Extrême-Nord et du Nord.
Des milliers d'hectares ont été submergés, compromettant l'objectif initial d'une campagne record visant 350 000 tonnes. Malgré ce choc conjoncturel, la direction de la Sodecoton maintient, selon ses orientations stratégiques, un cap de 400 000 tonnes de production annuelle à l'horizon 2027.
Le soja constitue l'autre pilier du financement ratifié en janvier 2026. Dans cette filière, le gouvernement ambitionne depuis des années de réduire la facture des importations de soja, évaluées à 24,7 milliards de FCFA en 2023, et structurer une offre locale plus abondante. Les ambitions affichées tablent sur un passage de 50 000 tonnes prévues en 2025 à 100 000 tonnes à l'horizon 2030, avec l'implication annoncée de 50 000 agriculteurs.
Perton Biyiha
Publié le 27/01/26 16:24
La Rédaction