Au Congo, les recettes issues de la vente des cargaisons pétrolières devraient atteindre 907,9 milliards FCFA en 2026, confirmant le rôle central du secteur pétrolier dans l'équilibre des finances publiques. Cette projection figure dans la loi de finances 2026, où les ventes de brut constituent de loin la première source des " autres recettes " de l'État, loin devant le gaz, le bois ou les recettes minières.
Ce niveau de recettes traduit une hypothèse budgétaire relativement optimiste sur la combinaison volumes-prix. Dans un contexte de maturité avancée des champs et de contraintes techniques persistantes, Brazzaville mise davantage sur la valorisation commerciale des cargaisons existantes que sur une forte progression de la production. La vente de brut représente ainsi l'ossature de la rente pétrolière, complétée par des flux plus modestes comme le bonus pétrolier (44 milliards FCFA) ou les redevances pétrolières (13 milliards FCFA).
Ces 907 milliards FCFA pèsent lourd dans la structure des recettes totales évaluées à près de 2 550 milliards FCFA pour l'exercice 2026, ce qui représente environ 36% du total attendu. Autrement dit, plus d'un tiers des ressources de l'État reste directement en lien avec la capacité du pays à écouler ses cargaisons de pétrole sur les marchés internationaux, exposant mécaniquement le budget aux chocs de prix et aux aléas opérationnels du secteur.
Dans un budget total de 2 320 milliards FCFA de dépenses, la mobilisation effective des recettes issues des ventes de cargaisons pétrolières apparaît ainsi déterminante pour sécuriser l'exécution budgétaire, éviter des ajustements en cours d'exercice et préserver l'équilibre entre dépenses courantes, investissements structurants et service de la dette.
Idrissa Diakité
Publié le 26/01/26 17:27
La Rédaction