La Côte d'Ivoire franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation numérique. En effet, les autorités du pays ont adopté ce 4 février un décret portant ratification d'un accord de prêt de 84,36 milliards FCFA (128,6 millions d'euros), conclu avec l'AID, Association internationale de développement, guichet concessionnel du groupe de la Banque mondiale. Ces ressources sont destinées au financement de la phase 1 du Projet d'accélération digitale en Côte d'Ivoire (PADCI), dans le cadre d'une approche programmatique multiphase.
L'annonce a été faite par le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, au terme du conseil des ministres. Elle confirme la volonté du gouvernement ivoirien d'inscrire le numérique au cœur de la modernisation de l'administration et du développement socio-économique. Le PADCI vise prioritairement à accroître l'utilisation inclusive et résiliente de l'Internet à haut débit et des services numériques, notamment dans des secteurs sociaux stratégiques. L'enjeu est double, à savoir renforcer l'efficacité de l'action publique tout en réduisant la fracture numérique, encore marquée entre zones urbaines et rurales, mais aussi entre différentes catégories sociales.
Le projet prévoit ainsi un important volet d'assistance technique et de fourniture d'équipements pour la création et l'opérationnalisation d'agences numériques, tout en posant les bases de cadres de gouvernance de l'intelligence artificielle. Cette orientation traduit l'ambition des autorités de préparer le pays aux mutations technologiques de nouvelle génération, dans un environnement réglementaire maîtrisé.
À terme, le projet devrait accélérer la digitalisation des services publics dans des secteurs clés, tout en étendant la connectivité haut débit à de nombreuses structures publiques. Sont notamment concernés les établissements d'enseignement, les centres de santé, les centres sociaux, mais aussi les mairies, sous-préfectures, tribunaux, bureaux de poste et directions régionales.
Les jeunes et les femmes au cœur du dispositif
Au-delà des infrastructures, le PADCI accorde une place centrale au développement des compétences numériques, tant avancées qu'intermédiaires. Les programmes de formation cibleront en priorité les jeunes et les femmes, deux segments clés pour stimuler l'employabilité, l'innovation et l'entrepreneuriat numérique. Cette approche répond aux défis du marché du travail ivoirien, où la montée en compétences digitales apparaît comme un levier essentiel pour absorber une population active en forte croissance et favoriser l'émergence d'un écosystème numérique compétitif.
L'objectif affiché est d'améliorer l'accès des populations, en particulier les plus éloignées et les plus vulnérables, aux services publics numériques, en réduisant les coûts, les délais et les contraintes géographiques. Une évolution qui pourrait significativement renforcer la qualité du service public et la transparence administrative.
Publié le 05/02/26 09:18
Narcisse Angan