Le conseil d'administration d'Eramet a mis fin ce dimanche 1er février, avec effet immédiat, au mandat de son directeur général Paulo Castellari, moins d'un an après son entrée en fonction effective. La décision, motivée par des divergences sur les modes de fonctionnement entre le conseil et l'exécutif, intervient à deux semaines de la publication des résultats annuels du groupe, attendus le 18 février 2026. Dans l'intervalle, la présidente du conseil d'administration, Christel Bories, qui était PDG du groupe avant l'arrivée de Paulo Castellari, en mai 2025, assure la direction générale à titre intérimaire, dans une configuration présentée jusque-là comme transitoire.
Ce changement brutal de gouvernance intervient alors qu'Eramet est engagé dans le déploiement de son plan stratégique baptisé " ReSolution ", destiné à renforcer la robustesse du groupe dans un environnement de marché plus contraint. Ce plan s'articule autour de trois axes structurants entre la sécurité et la responsabilité, l'excellence opérationnelle et la résilience financière. Le premier axe constitue un socle incontournable pour un groupe minier international, avec un objectif de long terme de " zéro blessure " sur l'ensemble des sites industriels.
Pour le Gabon, cœur historique des activités d'Eramet, cet épisode soulève des interrogations. Le groupe et les autorités gabonaises sont actuellement engagés dans des discussions avancées autour d'un projet de transformation locale du manganèse à l'horizon 2029, une étape fondamentale dans la stratégie nationale de montée en valeur ajoutée des ressources minières. Si aucun changement de cap n'a été officiellement annoncé, l'instabilité au sommet du groupe pourrait ralentir les arbitrages stratégiques et repousser certaines échéances, notamment en matière d'investissements industriels et de structuration des chaînes de transformation.
À court terme, Eramet affirme maintenir le cap opérationnel sur ses actifs, y compris au Gabon, et réaffirme son soutien aux équipes sur le terrain. Mais à moyen terme, la nomination du futur directeur général sera déterminante pour la crédibilité du plan ReSolution et pour la capacité du groupe à concrétiser ses engagements industriels dans le pays. Dans un contexte où Libreville attend des signaux clairs sur la transformation locale et la création de valeur, la stabilité de la gouvernance d'Eramet redevient un paramètre stratégique central.
Idrissa Diakité
Publié le 02/02/26 09:07
La Rédaction