La forte réaction des marchés financiers à la perspective d'un programme avec le FMI place le Gabon dans une situation favorable, mais encore précaire. Dans un récent communiqué, le gouvernement note d'ailleurs que les marchés ont " accueilli avec satisfaction la volonté de conclure un programme avec le FMI ", un signal qui s'est immédiatement traduit par une amélioration des indicateurs obligataires. Pour autant, l'exécutif évite toute lecture triomphaliste et rappelle implicitement que cette dynamique repose sur des anticipations, non sur des acquis définitifs.
Le communiqué souligne que la détente observée sur les marchés " résulte clairement de l'engagement du Gabon à conclure un programme avec le FMI ". En d'autres termes, les investisseurs valorisent moins la situation actuelle des finances publiques que la crédibilité d'un cadre de réformes à venir. Le communiqué rappelle ainsi que, dès le 21 janvier 2026, les titres gabonais figuraient parmi " les meilleurs placements des marchés émergents ", traduisant une amélioration rapide de la perception du risque.
S'agissant de la dette, le gouvernement met en avant la performance des Eurobonds 2031, qui se sont appréciés pour la quatrième séance consécutive, avec une baisse du rendement exigé par les investisseurs. Selon les termes du communiqué, le Gabon a ainsi " quitté le groupe restreint d'émetteurs en difficulté ", ses spreads ayant atteint " leur plus bas niveau depuis 13 ans ". Là encore, l'exécutif insiste sur le caractère conjoncturel de cette amélioration, directement lié à la confiance retrouvée des marchés.
C'est dans ce contexte que le gouvernement appelle à la prudence. Il précise que " l'amélioration de la situation des titres gabonais sur les marchés n'est pas une fin en soi ", mais un levier pour " réduire le coût de la dette, stabiliser les finances publiques et créer un environnement plus favorable à l'investissement ". L'enthousiasme des marchés ne saurait donc dispenser le pays de poursuivre les réformes annoncées, ni justifier un relâchement de la discipline budgétaire, alors même que la crédibilité du Gabon reste étroitement liée à la concrétisation d'un accord avec le FMI.
Idrissa Diakité
Publié le 02/02/26 09:29
La Rédaction