Le Bénin a récemment attiré l'attention des marchés internationaux en émettant son premier sukuk souverain, une opération largement sursouscrite qui a démontré le potentiel des instruments financiers conformes à la charia sur le continent. Ce succès, selon Reuters, sert désormais de signal aux autres gouvernements africains, qui y voient une opportunité de diversifier leurs sources de financement et d'attirer de nouveaux investisseurs.
Au Nigeria, déjà actif sur le marché des sukuks depuis plusieurs années, l'État envisage des émissions supplémentaires pour financer des infrastructures, renforçant ainsi la finance islamique locale et son intégration aux marchés internationaux. L'Algérie et le Sénégal, de leur côté, préparent également leurs premières émissions souveraines, inspirées par l'exemple béninois, pour mobiliser des capitaux tout en respectant les principes de la finance islamique.
Voir aussi- Bénin : 850 millions USD levés avec brio sur les marchés mondiaux, dont 500 millions en Sukuk
Cette progression traduit une tendance continentale plus large à explorer des mécanismes de financement alternatifs, face à la volatilité économique et à la pression sur les finances publiques. Les sukuks permettent aux États africains de réduire leur dépendance aux emprunts classiques tout en séduisant des investisseurs du Moyen-Orient et d'Asie, sensibles à des produits conformes à la charia.
Si l'adoption de la finance islamique reste encadrée par la capacité des économies à structurer ces instruments efficacement, le succès du Bénin montre que même de petits États peuvent mobiliser des financements importants. La finance islamique apparaît désormais comme une composante stratégique des plans de financement souverain sur le continent, avec un intérêt croissant pour des projets d'infrastructure et de développement à grande échelle.
Fanuelle YAO
Publié le 05/02/26 16:45
La Rédaction