Inscrit dans la stratégie nationale de souveraineté industrielle, le projet ambitionne de créer un écosystème manufacturier intégré, de générer des emplois locaux et de renforcer la compétitivité du pays sur les marchés régionaux et internationaux.
L'Algérie a officiellement lancé les travaux de construction d'une méga‑usine de pneumatiques dans la wilaya de Touggourt, au Sud-Est du pays.
Ce projet, qui s'étend sur 20 hectares dans la localité de Tamacine, mobilise un investissement de plus de 27 milliards de dinars algériens (environ 207 millions de dollars), financé dans sa totalité par des acteurs publics et privés nationaux, avec un pilotage assuré par l'agence de promotion de l'investissement (AAPI).
Destinée à la fabrication de pneus pour véhicules légers et lourds, cette usine vise une capacité de production de 5 millions d'unités par an, répartie en deux phases successives. La première phase prévoit la production de 2 millions de pneus pour poids lourds, tandis que la deuxième phase ajoutera 3 millions d'unités pour véhicules légers.
Au-delà de la simple production, ce complexe est conçu comme un levier de développement économique régional. L'AAPI estime la création de 1 720 emplois directs sur le site de Touggourt, auxquels s'ajouteront plusieurs centaines d'emplois indirects dans les filières de sous‑traitance et de logistique locales.
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Ce projet complète d'autres initiatives similaires prévues dans différentes wilayas, Oran, Sétif et Oum El‑Bouaghi, visant à porter la capacité nationale de production de pneus à près de 19 à 20 millions d'unités par an d'ici la fin 2026.
Une stratégie de souveraineté industrielle
Officiellement présenté comme l'une des pièces maîtresses de la stratégie de souveraineté industrielle du gouvernement, le projet s'inscrit dans une politique nationale visant à transformer l'Algérie d'un pays largement dépendant des importations en acteur industriel autonome et exportateur.
Au cœur de cette stratégie se trouve la volonté affichée de réduire la dépendance aux produits importés dans les secteurs à forte consommation ou à forte valeur ajoutée, qu'il s'agisse des pneumatiques, de l'automobile, ou d'autres industries manufacturières telles que l'agro‑alimentaire ou les pièces détachées.
Les autorités algériennes visent à ce que ces filières ne soient plus de simples activités d'assemblage, mais de réelles chaînes de production intégrées localement, avec une forte intégration nationale des composants et des matières premières.
L'objectif affiché n'est plus seulement de couvrir la demande intérieure, jusqu'ici assurée par les importations, mais aussi de se positionner sur les marchés étrangers, notamment au Moyen‑Orient, en Europe et en Amérique.
Sur le plan automobile, les autorités insistent sur un taux d'intégration locale élevé, allant jusqu'à 50 % voire plus dans certaines filières, pour garantir que les composants soient fabriqués sur place plutôt que importés. Cela implique un renforcement des PMI/PME locales, et de la sous‑traitance, pour densifier le tissu industriel national.
Jihen Mkehli
Publié le 05/01/26 12:24