Les Etats-Unis relancent pour un an l'AGOA, l'accord économique sur les exportations africaines

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Après plusieurs mois d'incertitude, les États-Unis ont finalement décidé de réactiver l'AGOA, African Growth and Opportunity Act, accord commercial emblématique qui permet à une trentaine de pays africains, dont le Bénin, la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Ghana ou encore le Kenya, d'exporter vers le marché américain sans droits de douane. L'annonce, faite ce 4 février par la Maison-Blanche, acte une prolongation d'un an, jusqu'au 31 décembre 2026, avec effet rétroactif au 30 septembre 2025, date à laquelle le dispositif avait expiré.

Si cette décision est accueillie avec soulagement sur le continent, elle s'accompagne néanmoins d'un resserrement notable des conditions, traduisant l'évolution de la doctrine commerciale américaine sous l'administration Trump. La réactivation de l'AGOA a été intégrée au texte promulgué par le président Donald Trump, mettant fin à plus de trois jours de paralysie partielle de l'administration fédérale américaine.

En janvier, la Chambre des représentants avait pourtant voté en faveur d'une reconduction de l'accord pour trois ans, mais le Sénat a finalement réduit cette durée à une seule année, illustrant les divisions persistantes à Washington sur la politique commerciale à l'égard de l'Afrique. Pour les pays bénéficiaires, cette reconduction, même limitée, évite une rupture brutale des chaînes d'exportation, notamment dans des secteurs clés comme le textile-habillement, l'agro-industrie ou l'assemblage automobile.

L'AGOA, pilier historique des relations commerciales Afrique–États-Unis

Lancé en 2000 sous la présidence de Bill Clinton, l'AGOA constitue depuis un quart de siècle l'un des principaux instruments de la politique américaine en Afrique subsaharienne. Il permet l'accès préférentiel au marché américain pour plus de 1 800 produits, sous réserve du respect de critères politiques, économiques et institutionnels. En théorie, une trentaine de pays africains sur une cinquantaine peuvent en bénéficier, même si la liste des États éligibles est régulièrement révisée en fonction des évolutions politiques internes. Pour plusieurs économies africaines, l'AGOA représente un levier majeur de diversification des exportations et de création d'emplois industriels.

La prolongation d'un an offre aux pays africains bénéficiaires, un répit limité, mais elle crée aussi une pression accrue pour accélérer les réformes économiques, institutionnelles et commerciales. À défaut d'une reconduction de long terme, l'incertitude risque de freiner les investissements et de fragiliser des filières entières dépendantes de l'accès préférentiel au marché américain.

Publié le 04/02/26 11:11

Narcisse Angan

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