Au Nigeria, la mobilisation de financements de long terme pour les infrastructures pourrait connaître une nette accélération. En effet, InfraCredit, organisme de garantie de crédit basé à Lagos, ambitionne de générer environ 1 000 milliards de nairas (703 millions de dollars), soit 388,3 milliards FCFA, de transactions au cours des quatre prochaines années, en s'appuyant sur son portefeuille de projets existants et sur un environnement macrofinancier jugé plus favorable.
Créée il y a neuf ans pour réduire les risques associés aux prêts de long terme dans le pays le plus peuplé d'Afrique, InfraCredit prévoit de plus que tripler ses garanties en nairas, misant sur l'assouplissement progressif des conditions d'endettement et sur la baisse attendue des coûts d'emprunt, selon les informations de Bloomberg.
Après plusieurs années de politique restrictive, la Banque centrale du Nigeria a abaissé en septembre dernier son taux directeur de 50 points de base à 27%, un premier assouplissement depuis cinq ans. D'autres réductions sont anticipées à mesure que l'inflation ralentit et que le naira se stabilise, après les fortes dévaluations enregistrées en 2023 et 2024. Un tournant monétaire qui pourrait redonner de l'oxygène aux financements de long terme, historiquement pénalisés par des coûts prohibitifs.
InfraCredit dispose actuellement d'un capital d'environ 328 milliards de nairas (230 millions de dollars), déjà mobilisé pour fournir des garanties de crédit à 27 projets dans des secteurs clés, tels que les routes, le logement et les énergies renouvelables. Son portefeuille en cours comprend des projets ayant franchi les étapes de présélection, de lettres de mandat et de due diligence, avec des approbations de prêts et des clôtures financières attendues sur l'horizon des quatre prochaines années.
Un levier clé pour attirer les investisseurs institutionnels
Le modèle d'InfraCredit repose sur un mécanisme central, en l'occurrence sécuriser les émissions de dette des projets d'infrastructure, afin de les rendre attractives pour les investisseurs institutionnels locaux, notamment les fonds de pension et les compagnies d'assurance. Cette stratégie s'inscrit dans la volonté affichée des autorités fédérales d'accélérer les investissements publics et privés, alors que le Nigeria fait face à un déficit de financement des infrastructures estimé à plus de 3 000 milliards de dollars sur les trois prochaines décennies. Un gouffre financier qui ne pourra être comblé sans une mobilisation accrue du marché domestique des capitaux.
Publié le 27/01/26 14:34
Narcisse Angan