Les marchés agricoles et énergétiques ont connu un net repli cette semaine. Le cacao, le café, le coton et le sucre voient leurs cours s'assagir, sous l'effet d'une offre plus abondante, d'une demande plus prudente et de désengagement des investisseurs.
Côté énergie, la tendance est plus contrastée : le Brent corrige avec l'érosion de la prime géopolitique, tandis que le gaz naturel s'envole, porté par un froid persistant aux États-Unis. L'huile de palme et le caoutchouc, eux, résistent grâce à des dynamiques régionales et industrielles solides.
Malgré des prix encore élevés sur certains segments, l'ensemble des marchés semble entrer dans une phase de normalisation progressive. Les opérateurs restent attentifs aux fondamentaux d'offre, aux aléas climatiques et aux arbitrages financiers, qui dictent désormais le tempo des échanges.
Cacao : l'abondance de l'offre fait refluer la prime de rareté
Les prix du cacao subissent une pression croissante à mesure que les craintes d'un déficit structurel s'estompent. Les marchés intègrent désormais une disponibilité plus abondante des fèves, alimentée par des arrivages plus réguliers en Afrique de l'Ouest. La demande, quant à elle, montre des signes d'essoufflement, les transformateurs cherchant à ajuster leurs achats après une période de prix historiquement élevés. Les stocks, bien que toujours surveillés, cessent de se contracter au même rythme qu'en 2024. Les fonds spéculatifs réduisent leur exposition longue, accélérant le mouvement de correction. Le cacao reste cher en niveau absolu, mais le marché semble entrer dans une phase de normalisation progressive. La volatilité demeure élevée, reflet d'un équilibre encore fragile entre offre et consommation.
Café : la météo brésilienne apaise les tensions sur l'offre
Les prix du café ont reculé face à des prévisions de pluies favorables au Brésil, principal producteur mondial. Ces précipitations attendues améliorent les perspectives pour les récoltes d'arabica, réduisant la prime climatique intégrée ces dernières semaines. Les opérateurs ajustent leurs positions après un rallye largement alimenté par des craintes de sécheresse. Les stocks certifiés montrent des signes de stabilisation, renforçant le sentiment que l'offre pourrait se détendre à court terme. La demande mondiale reste robuste, mais insuffisante pour contrer l'amélioration du contexte productif. Le marché du café glisse ainsi vers une phase plus technique, dominée par les données météorologiques et les arbitrages de portefeuille.
Coton : faiblesse persistante sur fond de demande prudente
Les cours du coton ont poursuivi leur repli, pénalisés par une demande textile toujours hésitante. Les acheteurs restent prudents dans un environnement économique marqué par des pressions inflationnistes résiduelles et une consommation discrétionnaire sous contrainte. Du côté de l'offre, aucune menace majeure ne se profile à court terme, ce qui limite l'attrait du coton comme valeur refuge agricole. Les exportations avancent à un rythme correct mais sans surprise positive. Les fonds réduisent leur exposition, préférant attendre des signaux plus clairs sur la reprise de la demande mondiale. Le coton reste enfermé dans une dynamique de marché attentiste.
Sucre : les perspectives de surplus mondiaux pèsent sur les prix
Les prix du sucre ont décliné face à des anticipations de surplus mondiaux plus larges. Les projections de production, notamment au Brésil et en Asie, suggèrent une offre excédentaire dans les mois à venir. Cette perspective limite toute tentative de rebond durable, malgré une demande stable. Les arbitrages avec l'éthanol restent un facteur clé, mais la baisse récente des prix de l'énergie réduit l'attrait du biocarburant. Les investisseurs réévaluent leurs positions longues, conscients que le marché pourrait rester bien approvisionné. Le sucre entre ainsi dans une phase plus défensive, dominée par les fondamentaux de production.
Pétrole Brent : la détente géopolitique érode la prime de risque
Les prix du Brent ont marqué le pas après que le président américain a atténué sa rhétorique à l'égard de l'Iran. Cette inflexion réduit la prime géopolitique intégrée dans les cours, même si la situation régionale demeure instable. Les fondamentaux de l'offre restent relativement équilibrés, avec une discipline toujours affichée par l'OPEP+. La demande mondiale progresse, mais sans accélération notable. Les marchés pétroliers oscillent ainsi entre soulagement politique et prudence macroéconomique. Le Brent reste soutenu, mais sans catalyseur immédiat pour relancer une hausse franche.
Gaz naturel : flambée des prix sous l'effet du froid persistant
À contre-courant des autres marchés énergétiques, le gaz naturel a enregistré une nette hausse, portée par des conditions hivernales prolongées aux États-Unis. Le froid soutient la demande de chauffage, entraînant une ponction plus rapide des stocks. Cette dynamique compense temporairement l'abondance structurelle de l'offre. Les traders réajustent leurs positions, pris à revers par la persistance des basses températures. Toutefois, le marché reste conscient que ce soutien est essentiellement saisonnier. Une normalisation climatique pourrait rapidement raviver les pressions baissières.
Huile de palme : marché tiraillé entre stabilité régionale et signaux mondiaux
Les prix de l'huile de palme évoluent dans un registre relativement stable, soutenus par une demande régionale régulière. Les marchés asiatiques montrent peu de volatilité, malgré un environnement global plus incertain pour les huiles végétales. La concurrence avec l'huile de soja et de colza limite toutefois les marges de progression. Les producteurs ajustent leur offre sans provoquer de déséquilibres majeurs. L'huile de palme reste avant tout un marché d'arbitrage, sensible aux politiques commerciales et aux mouvements des devises. La tendance demeure neutre à légèrement constructive.
Caoutchouc naturel : fermeté globale malgré une volatilité régionale
Les marchés du caoutchouc ont terminé la semaine de manière contrastée, illustrant des dynamiques régionales divergentes. À Osaka, les prix ont reculé sous l'effet de prises de bénéfices, tandis que Shanghai et l'INE ont progressé, portés par des rachats de positions courtes. Le SICOM a bénéficié d'un regain d'intérêt acheteur, soutenu par le rallye plus large des matières premières industrielles. Les nouvelles du secteur automobile restent mitigées, entre ralentissement de certaines ventes et investissements stratégiques à long terme. Les annonces d'entreprises soulignent toutefois une pression accrue sur les marges. Malgré ces signaux contrastés, le caoutchouc conserve un socle de soutien solide, adossé à la demande industrielle mondiale.
Publié le 02/02/26 11:44
La Rédaction