Afrique : L'écosystème startup se consolide avec 4,1 milliards de dollars mobilisés en 2025

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L'année 2025 marque une étape décisive pour la technologie africaine, qui confirme sa résilience en se déconnectant des cycles spéculatifs mondiaux. Selon le dernier rapport Partech Africa, le secteur a mobilisé un total de 4,1 milliards de dollars, soit une croissance robuste de 25 % sur un an. Loin de la frénésie mondiale pour l'IA générative, le continent a consolidé ses bases à travers une professionnalisation accrue et une diversification sectorielle historique.

L'avènement de la dette comme pilier structurel Le changement le plus spectaculaire de cette année réside dans la structure même du financement. Pour la première fois, la dette s'impose comme un moteur essentiel avec 1,64 milliard de dollars levés (+63 %), surpassant tous les sommets historiques précédents. Elle représente désormais 41 % du capital total déployé, signe que les startups atteignent un niveau de maturité opérationnelle et de gouvernance suffisant pour accéder à des instruments non dilutifs. Cette dynamique est particulièrement visible au Kenya, pays leader en matière de dette, et dans le secteur de la Cleantech.

Une géographie du capital ultra-concentrée autour du " Big Four " 

La concentration géographique s'est accentuée en 2025. Le " Big Four ", Kenya, Afrique du Sud, Égypte et Nigéria, capte désormais 72 % du financement total.

Le Kenya caracole en tête avec 1,04 milliard de dollars (+72 %), porté par une domination écrasante sur le marché de la dette et la concentration de méga-deals. L'Afrique du Sud redevient le leader incontesté de l'Equity (fonds propres), avec 643 millions de dollars levés (+41 %) et une profondeur de marché inédite sur tous les stades de développement. 

Le Top 20 des startups avec les plus importantes levées de fonds (Equity et dette) en Afrique en 2025

Le Nigéria et l'Égypte maintiennent une activité transactionnelle dense, bien que le Nigéria soit le seul marché du top 4 à afficher une légère baisse de son volume total de financement. Notons également la vitalité des marchés francophones hors du top 4, qui attirent désormais 68 % des financements en Equity du reste du continent.

L'érosion du segment " Seed " 

Derrière ces chiffres records, un signal d'alarme persiste : le financement de l'amorçage (Seed) continue de s'éroder pour la troisième année consécutive, avec une baisse de 4 % en volume. Les investisseurs privilégient désormais les entreprises plus matures, augmentant la taille moyenne des tickets en séries A et B au détriment des nouveaux entrants. Cette prudence vis-à-vis du risque de stade précoce soulève des questions essentielles sur le renouvellement du pipeline de startups pour les années à venir.

En somme, 2025 dessine une tech africaine plus autonome, où la dette et la diversification sectorielle compensent la sélectivité accrue des investisseurs en fonds propres.

Jean Mermoz Konandi

Publié le 23/01/26 15:56

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