La startup OneDosh résolument tournée vers les marchés africains, notamment au Nigéria, a levé 3 millions de dollars, soit environ 1,7 milliard FCFA, lors d'un tour de table de pré-amorçage, afin de développer une infrastructure mondiale de paiement reposant sur les stablecoins (cryptomonnaie). Une levée de fonds qui valide à la fois la pertinence de son modèle et l'intérêt croissant des investisseurs pour des solutions alternatives aux circuits financiers traditionnels, souvent jugés lents, coûteux et imprévisibles. De façon précise la mobilisation de ce fonds sera allouée à des priorités clairement identifiées, en l'occurrence l'ouverture de nouveaux corridors de paiement, le renforcement des réserves de liquidité pour sécuriser les flux et recrutement de talents clés.
Fondée par Jackson Ukuevo, Godwin Okoye et Babatunde Osinowo, OneDosh est née d'un constat largement partagé par les entrepreneurs, freelances et entreprises opérant à l'international. Il s'agit des cartes bloquées sans préavis, comptes gelés, délais de règlement excessifs et frais élevés. Autant de dysfonctionnements qui pénalisent particulièrement les économies émergentes et les corridors de paiement à forte intensité, comme celui reliant les États-Unis au Nigeria. ‘'Nous avons conçu OneDosh comme une réponse directe aux limites du système financier classique'', explique l'équipe fondatrice. L'ambition est de connecter portefeuilles électroniques, cartes et pays, via une infrastructure unique, programmable et interopérable, capable de fluidifier les échanges de valeur à l'échelle mondiale.
Au cœur du modèle de OneDosh, se trouve l'utilisation des stablecoins comme principal instrument de règlement. En s'appuyant sur ces actifs numériques adossés à des monnaies fiduciaires, la plateforme entend réduire drastiquement les coûts de transaction et les délais de traitement, tout en offrant une prévisibilité essentielle aux utilisateurs.
Déjà opérationnelle sur le corridor États-Unis–Nigeria, l'une des routes de transferts de fonds les plus actives au monde, la startup adopte une stratégie pragmatique, à savoir tester et affiner son modèle sur un marché à forte demande avant de s'étendre à d'autres régions. Les utilisateurs peuvent envoyer et recevoir des fonds via des cartes virtuelles adossées à des stablecoins, compatibles avec Apple Pay et Google Pay et acceptées sur le réseau Visa. Un atout différenciant réside dans la flexibilité offerte aux bénéficiaires, qui peuvent choisir de recevoir les fonds soit en stablecoins, soit en monnaie locale.
Dans un contexte marqué par l'essor du travail indépendant à l'échelle mondiale et l'intensification des échanges commerciaux transfrontaliers, les limites des systèmes de règlement traditionnels apparaissent de plus en plus criantes. Les stablecoins offrent une alternative crédible, combinant quasi-instantanéité, coûts réduits et stabilité de valeur.
Narcisse Angan
Publié le 23/01/26 10:39