Le Burkina Faso consolide sa relation avec le Fonds monétaire international (FMI) et envoie un signal fort aux partenaires financiers internationaux. Réuni à Washington, le Conseil d'administration du FMI a validé le 4e examen du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), tout en approuvant un nouvel accord majeur orienté vers la résilience climatique et budgétaire.
Cette double décision confirme, selon l'institution, la capacité de l'économie burkinabè à résister aux chocs malgré un environnement sécuritaire particulièrement contraignant.
L'achèvement de ce 4e examen du programme triennal permet un décaissement immédiat de 24,08 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 33,2 millions de dollars. Le soutien total accordé au pays dans le cadre de la Facilité élargie de crédit atteint désormais 120,4 millions de DTS, équivalant à près de 165,8 millions de dollars.
Au-delà du financement, cette validation constitue surtout un vote de confiance dans la conduite des politiques économiques nationales.
‘'L'économie du Burkina Faso a fait preuve de résilience face aux défis sécuritaires et humanitaires'', a souligné Kenji Okamura, directeur général adjoint du FMI, estimant que ‘'des politiques économiques saines ont contribué à dégager des marges de manœuvre budgétaires tout en maintenant la dette publique sur une trajectoire soutenable''.
Dans le même temps, le FMI a approuvé un accord inédit au titre du Mécanisme pour la résilience et la durabilité d'un montant de 90,3 millions de DTS, soit environ 124,3 millions de dollars, valable jusqu'en septembre 2027.
Les décaissements interviendront après la première évaluation du programme, traduisant une logique de financement conditionnée aux réformes.
Une économie portée par l'or et la discipline budgétaire
Sur le plan macroéconomique, les perspectives apparaissent relativement solides. La croissance devrait atteindre 5% en 2025 après 4,8% en 2024, soutenue principalement par la hausse des prix de l'or et la dynamique du secteur minier artisanal.
À moyen terme, l'activité économique devrait évoluer entre 4,5% et 5%, sous réserve d'une amélioration progressive de la situation sécuritaire.
Autre signe positif, l'inflation a fortement ralenti pour devenir légèrement négative en 2025 sous l'effet de la baisse des prix alimentaires, avant de converger vers 2 % à moyen terme.
Le secteur extérieur bénéficie également de la conjoncture favorable des matières premières. Le déficit courant de 3,4% du PIB enregistré en 2024 devrait laisser place à des excédents dès 2025, grâce à la progression des exportations aurifères.
Le FMI souligne des avancées notables en matière de consolidation budgétaire. Le déficit public devrait rester nettement inférieur à l'objectif de 4% du PIB en 2025, soit une amélioration de 2,3 points par rapport à l'année précédente.
Publié le 19/02/26 11:16
La Rédaction