Dans une conquête de sa souveraineté numérique, le Burkina Faso a procédé à l'inauguration officielle des data centers de l'administration publique, en présence du premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. D'un coût global de plus de 15 milliards FCFA, ces infrastructures stratégiques sont destinées à héberger l'ensemble des données numériques de l'État burkinabè. Elles marquent l'aboutissement d'un chantier structurant du cloud gouvernemental, pilier central de la stratégie de transformation digitale engagée par les autorités de la Transition.
Dans le détail, les nouvelles infrastructures comprennent deux data centers modulaires affichant une capacité globale de stockage de 3 000 téraoctets. Elles permettront désormais à l'administration publique d'héberger localement ses plateformes numériques et ses bases de données sensibles, rompant avec une dépendance prolongée à des centres privés, souvent situés hors du territoire national. ‘'J'ai donné des instructions claires pour le rapatriement de toutes les plateformes et données numériques de l'administration publique actuellement hébergées dans des centres de données privés, et plus encore celles hébergées en dehors du territoire national'', a affirmé le Chef du gouvernement burkinabè, dans une note gouvernementale publiée ce 23 janvier.
La donnée, nouveau champ de souveraineté
Au-delà de l'investissement technologique, l'exécutif burkinabè assume une lecture profondément politique de la transformation digitale. Pour le Premier ministre, le numérique n'est plus un simple levier de modernisation administrative, mais un instrument central de la Révolution Progressiste Populaire.
L'ambition des autorités ne s'arrête pas à ces premières infrastructures. La ministre de la Transition digitale, Dr Aminata Zerbo/Sabané, a annoncé la prochaine phase du programme, à savoir la construction d'un data center national répondant à des standards internationaux encore plus exigeants et doté de capacités renforcées. Ce futur hub numérique aura vocation à accueillir non seulement les données de l'administration, mais également celles des acteurs privés, afin de garantir que l'ensemble des données des usagers burkinabè, publics comme privés, soient hébergées sur le territoire national et soumises à la réglementation locale.
‘'Il s'agit de faire du Burkina Faso un espace numérique sécurisé, souverain et attractif'', a souligné la ministre, évoquant une infrastructure capable d'accompagner la croissance des usages numériques et le développement de l'économie digitale. A l'heure où la donnée est devenue une ressource aussi critique que l'énergie ou les matières premières, Ouagadougou fait le pari d'un État numérique maître de ses choix, de ses outils et de son avenir.
Narcisse Angan
Publié le 24/01/26 11:15