Le groupe international Creditinfo a obtenu l'autorisation réglementaire lui permettant d'exercer des activités de Bureau d'Information sur le Crédit (BIC) dans la zone, sous le cadre prudentiel de la Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC), selon une décision rendue publique par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC).
Un bureau d'information de crédit est un acteur clé de l'écosystème financier. Il a pour fonction de réduire l'asymétrie d'information entre prêteurs et emprunteurs en mettant à disposition des établissements financiers des historiques de paiement fiables. Concrètement, ces données permettent d'évaluer plus finement le risque de crédit, d'améliorer la prise de décision des banques et, à terme, d'élargir l'accès au financement pour des profils jusque-là jugés difficiles à évaluer, notamment les PME et les particuliers faiblement bancarisés.
La décision, signée par le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, donne le feu vert à Creditinfo Central Africa (CICA), entité du groupe basée à Douala, pour collecter, centraliser, traiter et restituer des données relatives au comportement de remboursement des emprunteurs, qu'il s'agisse de particuliers ou d'entreprises, dans l'ensemble des six pays de la CEMAC. Ces informations sont destinées aux établissements de crédit, aux institutions de microfinance et aux acteurs financiers soumis au contrôle de la COBAC, dans le strict respect du cadre réglementaire en vigueur.
Selon les engagements pris par Creditinfo dans son cahier des charges, l'opérateur devra étendre sa présence physique à l'ensemble des pays membres de la CEMAC — République centrafricaine, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad — d'ici au 31 décembre 2028. À cette même échéance, il est attendu que le bureau privé couvre au moins 60 % des établissements soumis à la supervision de la COBAC, d'après les précisions communiquées par la BEAC.
Les données exploitées par Creditinfo Central Africa ne se limiteront pas aux informations bancaires traditionnelles. Le dispositif prévoit, à terme, l'intégration de données issues de grands fournisseurs de services essentiels, notamment dans l'électricité, l'eau ou les télécommunications. Cette approche vise à enrichir les profils de crédit en tenant compte des comportements de paiement sur des services du quotidien, une pratique déjà répandue dans plusieurs marchés émergents.
Creditinfo est déjà présent dans l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) depuis 2016, où il opère un système d'information de crédit utilisé par les banques et les institutions de microfinance. D'après le rapport annuel 2023 de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), plus de 90 % des établissements assujettis de l'UEMOA partageaient leurs données via ce système à fin 2023. La base de données est passée d'environ 30 000 clients lors du lancement à plus de 15,1 millions en sept ans.
Avant la mise en place de bureaux privés de crédit dans l'UEMOA, la couverture des registres publics restait très limitée. Selon la Banque mondiale et l'IFC, elle variait, selon les pays, de moins de 1 % à environ 10 % de la population adulte. Présent dans 33 pays, le groupe Creditinfo a son siège à Londres.
Perton Biyiha
La Rédaction
Publié le 31/12/25 09:36