CEMAC : Gabon, Congo et Guinée équatoriale, la bataille pour devenir le prochain hub aérien est lancée

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Après le secteur gazier, Gabon, Congo et Guinée équatoriale s'apprêtent à s'affronter sur un autre terrain. Toujours économique. Cette fois, la rivalité se joue dans l'aérien, avec un objectif très concret : capter les flux à forte valeur (cadres, missions officielles, investisseurs) et, surtout, les rotations d'employés pétroliers qui structurent une partie du trafic régional autour d'un point névralgique : Port Harcourt au Nigeria, capitale pétrolière du géant africain.

Sur ce segment, Gabon et Guinée équatoriale se disputent déjà la même clientèle. Côté gabonais, Afrijet/FlyGabon a ouvert une liaison Libreville-Port Harcourt pensée pour les voyageurs d'affaires et les travailleurs du secteur des hydrocarbures, avec une exploitation annoncée en deux fréquences par semaine. L'État gabonais a d'ailleurs décidé d'injecter 1 milliard FCFA au capital de Fly Gabon Holding, afin de sécuriser les dessertes domestiques et sous-régionales, indispensables au rabattement de ces flux corporate.

En face, Malabo-Port Harcourt est aussi servi en vols directs, avec plusieurs opérateurs présents sur la route, ce qui place les deux capitales en concurrence frontale sur la même “destination pétrole”. Malabo avance également par le levier de partenariat international et explore un rapprochement avec Jetex, spécialiste mondial de l'aviation d'affaires. Le but est d'élever ses standards de services et renforcer son attractivité auprès des opérateurs pétroliers et investisseurs.

Le Congo pour sa part, joue une carte différente, mais complémentaire. Brazzaville veut monter en gamme. L'aéroport Maya-Maya s'est doté très récemment d'un terminal d'affaires opéré par Jetstream Aviation Congo, explicitement positionné pour absorber les flux VIP/diplomatiques et les vols “à la demande”. Dans la logique hub, l'enjeu est d'installer une chaîne de services premium (accueil, handling, confidentialité, rapidité) capable de détourner une partie du trafic corporate régional.

Ces trois approches dessinent des trajectoires complémentaires pour la CEMAC. Libreville cherche à structurer un hub de correspondance adossé à un opérateur national et à des flux pétroliers réguliers. Brazzaville capitalise sur la montée en gamme via l'aviation d'affaires et les services VIP. Malabo quant à elle, mise sur l'adossement à un acteur international pour importer standards et clientèle premium. Pour Libreville, l'enjeu est toutefois plus critique, la capitale gabonaise reste championne continentale des taxes et redevances aériennes, un handicap structurel dans la compétition régionale.

Idrissa DIakité

Publié le 29/01/26 12:20

La Rédaction

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