À compter de mars 2026, la liaison Paris-Libreville-Paris sera opérée par Air France avec des Boeing 787-8 Dreamliner et Boeing 777, selon les engagements pris lors de d'une récente rencontre entre le ministre d'État Ulrich Manfoumbi Manfoumbi et la direction d'Air France Gabon-São Tomé-et-Principe. Libreville bénéficiera désormais d'appareils long-courriers de dernière génération, généralement affectés aux lignes à fort trafic affaires et institutionnel, et intégrant une offre de cabines premium plus développées.
Cette évolution annoncée intervient alors que Libreville figure parmi les capitales africaines où la fiscalité aérienne est la plus élevée. Selon les données sectorielles, les taxes, redevances et surtaxes peuvent représenter entre 30 % et 45 % du prix final d'un billet au départ ou à destination de Libreville, un niveau régulièrement cité parmi les plus lourds du continent. Ces prélèvements concernent à la fois les redevances aéroportuaires, les taxes de sûreté, les frais parafiscaux et diverses contributions, dont l'empilement renchérit le coût du transport aérien.
Malgré ce niveau de taxation élevé, qui pèse sur les passagers, les entreprises et la compétitivité du pays, la ligne Paris-Libreville reste suffisamment rentable pour justifier l'affectation d'avions coûteux à l'exploitation, tant en investissement qu'en coûts opérationnels. Un Boeing 787-8 affiche un prix catalogue d'environ 248 millions de dollars (150 milliards FCFA), tandis qu'un Boeing 777 dépasse 330 millions de dollars (200 milliards FCFA). Autrement dit, le marché gabonais continue de générer un revenu par passager élevé, capable d'absorber à la fois une fiscalité pesante et une montée en gamme de la flotte.
A noter que ce choix d'Air France met surtout en lumière la structure du marché aérien gabonais. Un billet aller-retour se négocie fréquemment entre 900 000 et 1,3 million FCFA, dont jusqu'à 450 000 FCFA de taxes et redevances. Le déploiement d'appareils valorisés entre 150 et 200 milliards FCFA l'unité confirme que la compagnie anticipe une demande suffisamment solvable pour absorber ces niveaux de prix.
La Rédaction
Publié le 20/01/26 14:16