Gabon : Au Mining Indaba 2026, Libreville veut confirmer sa montée en puissance minière

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Libreville arrive au Mining Indaba 2026 avec un discours plus incisif. Le secteur minier représente aujourd'hui environ 6 % du PIB gabonais, mais près de 30 % des exportations hors pétrole, essentiellement tirées par le manganèse. L'ambition est de porter la contribution de ce secteur minier à plus de 25% dans le PIB d'ici 2030, en misant sur l'industrialisation, la transformation locale et l'attraction de capitaux internationaux. La tribune offerte par Mining Indaba 2026 est pensée comme une caisse de résonance internationale, destinée à convertir cette ambition en décisions d'investissement concrètes.

L'enjeu financier est considérable. À Mining Indaba, le Gabon cible prioritairement les investisseurs capables de mobiliser des tickets longs, supérieurs à 500 millions USD pour les grands projets miniers intégrés, incluant infrastructures ferroviaires, énergétiques et portuaires. L'objectif est ainsi à la fois de sécuriser des flux de capitaux durables et de réduire la volatilité budgétaire liée à la dépendance historique aux hydrocarbures, qui représentent encore plus de 70 % des recettes d'exportation du pays.

Dans cette stratégie, le manganèse reste le pilier central. Le Gabon figure parmi les trois premiers producteurs mondiaux, avec une production annuelle qui dépasse désormais les 9 millions de tonnes, et des réserves estimées à plus de 250 millions de tonnes. La nouvelle orientation vise donc à capter davantage de valeur localement, alors que la transformation reste encore marginale par rapport aux volumes exportés bruts. Le fer de Belinga, avec des ressources estimées à plus d'un milliard de tonnes, constitue l'autre axe structurant.

Longtemps différé en raison des coûts d'infrastructures, le projet est désormais présenté comme un catalyseur industriel, susceptible de générer plusieurs milliers d'emplois directs et indirects et d'entraîner des investissements cumulés de plusieurs milliards de dollars sur la durée du projet. Parallèlement, la formalisation de l'or artisanal s'impose comme un enjeu budgétaire et social. Libreville élargit donc son discours aux minerais liés à la transition énergétique.

Après le dernier Africa Energy Week au cours duquel le Gabon avait déjà obtenu des engagements d'investisseurs internationaux, matérialisés notamment par un accord d'exploration avec ExxonMobil, le Mining Indaba pourrait également offrir un espace de connexions stratégiques pour les autorités gabonaises, en quête de diversification et dont l'ambition est de transformer son potentiel minier en levier macroéconomique durable, capable de rééquilibrer en profondeur l'économie.

Idrissa Diakité

Publié le 29/01/26 12:00

La Rédaction

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