La fusion entre TRANS'URB société étatique créée en juin 2019 et la Société Gabonaise de Transport (SOGATRA), créée pour sa part en mai 1997, est entrée dans une phase opérationnelle. La réunion technique tenue la semaine écoulée, consacrée à la préparation du nouveau parc d'exploitation (bus, camions citernes et véhicules ateliers), confirme que le chantier dépasse désormais le stade des intentions. Salle des opérations, maintenance, harmonisation des standards techniques et formation des équipes : les travaux portent sur l'outil industriel, signe d'une intégration en cours. Cette orientation fait suite à la décision formelle prise en Conseil des ministres en septembre 2025, qui a acté le principe de la fusion entre les deux opérateurs publics.
Si la SOGATRA incarne historiquement l'opérateur de transport de masse, centré sur l'exploitation des lignes de bus et la mobilité quotidienne des usagers, TRANS'URB a plutôt été conçue avec un périmètre plus technique et logistique, intégrant notamment la gestion de flottes, la maintenance lourde, les véhicules ateliers et les camions citernes nécessaires à l'exploitation. Dans ce contexte, la fusion TRANS'URB-SOGATRA apparaît comme une réponse économique à une contrainte budgétaire et opérationnelle.
La préparation d'un parc modernisé, appuyée sur une maintenance renforcée et une digitalisation du pilotage des flottes, vise ainsi à réduire les coûts unitaires d'exploitation, améliorer la régularité du service et limiter, à terme, la pression sur les finances publiques. L'objectif n'est plus de maintenir deux opérateurs fragilisés, mais de bâtir un acteur unique, capable d'absorber la hausse de la demande tout en rétablissant un minimum d'équilibre économique.
Cette accélération du processus de fusion intervient dans un contexte sectoriel où en 2024, le transport terrestre urbain a renoué avec la croissance, après deux années de recul. Le nombre de passagers transportés est passé de 23,1 millions en 2023 à 24,4 millions en 2024, soit +5,6 %, tandis que le parc de véhicules (taxis, bus et autobus) a plus que doublé, passant de 324 unités à 652 (+101,2 %). Cette reprise de la demande contraste toutefois avec la fragilité économique du secteur. Le chiffre d'affaires a reculé de 15,12 milliards FCFA à 12,69 milliards FCFA (-16,1 %), sous l'effet de la gratuité des transports publics, et la valeur ajoutée chute de 5,7 milliards à 3,48 milliards FCFA (-39 %).
La loi de finances 2026 éclaire également les arbitrages de l'État en faveur de cette fusion. Les crédits dédiés à la restructuration des entreprises publiques sont ramenés de 18,75 milliards FCFA en 2025 à 13 milliards FCFA en 2026, soit une baisse de 31 %, réduisant mécaniquement la capacité à soutenir plusieurs structures parallèles. Dans le même temps, les coûts sociaux de restructuration sont maintenus autour de 2 milliards FCFA, un niveau compatible avec des ajustements d'effectifs et de compétences liés à une fusion.
Idrissa Diakité
Publié le 29/01/26 12:04
La Rédaction