Le rapprochement annoncé entre le Gabon et le Fonds monétaire international (FMI) a rapidement produit ses effets sur les marchés financiers. Même en l'absence, à ce stade, d'un programme formel validé, les discussions avec l'institution internationale ont été perçues comme un signal de sérieux et de discipline budgétaire. Pour les investisseurs, ce type de démarche semble indiquer la volonté des autorités de mieux encadrer les finances publiques et de s'inscrire dans une trajectoire économique plus prévisible, un élément clé dans un contexte encore marqué par les incertitudes politiques et budgétaires.
Cette amélioration du climat de confiance s'est traduite par un rebond des eurobonds gabonais. Les titres arrivant à échéance en 2031 se sont échangés autour de 80 à 82 % de leur valeur, contre des niveaux plus bas observés quelques semaines auparavant. Dans le même temps, l'écart de taux exigé par les investisseurs pour prêter au Gabon, s'est réduit d'environ 150 à 180 points de base, signe que le risque perçu diminue. Le Gabon a ainsi figuré parmi les émetteurs africains les plus dynamiques sur le segment à haut rendement sur la période.
Ce mouvement positif intervient toutefois après une période de fortes tensions. En 2024, le FMI avait suspendu une facilité de financement d'environ 553 millions de dollars, et l'agence Fitch Ratings a récemment abaissé la note souveraine du pays en catégorie spéculative, en raison de déficits budgétaires persistants et d'une dépendance élevée aux revenus pétroliers. La dette publique gabonaise est aujourd'hui estimée en moyenne autour de 73 % du PIB, un niveau qui reste soutenable mais qui laisse peu de marge en cas de choc économique ou de baisse prolongée des cours du pétrole.
Pour les marchés, le FMI joue donc le rôle d'un garant de crédibilité, plus que celui d'un simple bailleur de fonds. Les mesures récemment prises par les autorités pour renforcer les réserves de change et améliorer la gestion des finances extérieures vont dans le sens attendu par les investisseurs. Mais la confiance ne pourra s'inscrire dans la durée que si ces signaux se traduisent par des réformes concrètes, une meilleure gouvernance et une diversification progressive de l'économie. Le rebond des eurobonds constitue ainsi un premier test réussi, mais surtout une responsabilité accrue pour les autorités.
Idrissa Diakité
Publié le 26/01/26 12:43
La Rédaction