Le gouvernement a engagé à l'issue du conseil des ministres de ce lundi 29 décembre, une réforme profonde du ministère des Eaux et Forêts à la suite de l'érection de l'administration forestière en Corps autonome paramilitaire. Cette transformation vise à adapter l'organisation du ministère à ses nouvelles responsabilités sécuritaires. Elle intervient dans un contexte où la pression sur les ressources naturelles reste forte. L'objectif étant de renforcer l'efficacité administrative et opérationnelle.
Le secteur forestier représente environ 4% du PIB et constitue l'un des principaux piliers des exportations hors pétrole. Pourtant, l'exploitation illégale, le braconnage et les failles de contrôle continuent de générer des pertes économiques importantes. Certaines estimations évoquent des pertes fiscales annuelles de plusieurs dizaines de milliards de FCFA.
La réforme introduit ainsi une clarification des rôles entre structures civiles et paramilitaires. Elle vise à réduire les chevauchements de compétences et à améliorer la coordination des actions de terrain. Cette rationalisation doit permettre une utilisation plus efficiente des ressources publiques et une meilleure traçabilité des opérations forestières.
L'État entend ainsi mieux sécuriser son capital forestier, faunique et hydrique, considéré comme un actif stratégique à long terme. La réforme s'inscrit également dans les engagements internationaux du Gabon en matière de gestion durable et de lutte contre le changement climatique. À terme, la modernisation de la gouvernance forestière devrait permettre une meilleure mobilisation des recettes et renforcer la crédibilité du Gabon sur les marchés internationaux du bois légal et certifié.
Idrissa DIAKITE
La Rédaction
Publié le 30/12/25 12:51