Le vice-président Nguema Obiang Mangue a ordonné l'audit de l'ensemble des entreprises publiques et entités autonomes à participation étatique. La décision, annoncée à Malabo, vise à établir une photographie précise des dépenses, des revenus et des passifs réels de structures jugées insuffisamment performantes. Télécoms, énergie, pêche ou hydrocarbures : plusieurs sociétés stratégiques sont concernées, avec pour objectif affiché leur restructuration et l'amélioration de leur rentabilité.
Cet audit intervient dans un contexte budgétaire particulier. Selon les dernières données du Fonds monétaire international, les “subventions et transferts” de l'État ont atteint 246 milliards FCFA en 2024, soit environ 3,2% du PIB, avant un niveau projeté à 230 milliards FCFA en 2025. Ce poste budgétaire intègre différents soutiens publics, dont une partie bénéficie aux entreprises et entités publiques. Il constitue aujourd'hui l'un des principaux leviers d'ajustement des finances publiques.
À l'intérieur de cette enveloppe, la subvention aux carburants représente à elle seule 83 milliards FCFA en 2024, un montant appelé à diminuer à 39 milliards FCFA en 2025 dans le cadre d'un plan de réduction progressive. Si ces chiffres ne correspondent pas exclusivement au coût des entreprises publiques, ils donnent un ordre de grandeur de la pression exercée sur la trésorerie de l'État et du poids des mécanismes de compensation économique.
L'enjeu de l'audit dépasse donc la simple vérification comptable. Il s'agit d'identifier les entités structurellement déficitaires, d'évaluer les besoins de recapitalisation éventuels et de renforcer la discipline de gestion. Dans un environnement marqué par la volatilité des recettes pétrolières, la maîtrise d'un poste budgétaire dépassant 240 milliards FCFA apparaît comme une condition centrale de soutenabilité. La capacité des autorités à traduire cet audit en réformes effectives constituera dès lors, un véritable test.
Publié le 13/02/26 11:41
La Rédaction