La Côte d’Ivoire veut repositionner les mines artisanales au cœur de son développement minier

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Mamadou Sangafowa Coulibaly, ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Énergie.

La Côte d'Ivoire ouvre un nouveau chapitre de sa stratégie minière sous l'impulsion du ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly. À l'occasion d'un atelier national consacré au thème " Quelle contribution de la petite mine au développement du secteur minier en Côte d'Ivoire ? " qui s'est ouvert ce 28 avril, le gouvernement a réaffirmé sa détermination à transformer l'exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) en un véritable levier de croissance inclusive et durable. 

Initialement pensée comme un moyen de canaliser les activités d'orpaillage informel, la politique de formalisation de l'EMAPE visait à intégrer cette production dans les circuits officiels, en imposant de meilleures pratiques environnementales et en générant des ressources fiscales. Si des progrès notables ont été réalisés, notamment avec la délivrance de 456 autorisations au cours des trois dernières années, contre 229 entre 2015 et 2021, les résultats escomptés restent loin d'être atteints. 

Comme l'a rappelé Mamadou Sangafowa Coulibaly, la production déclarée de l'EMAPE a certes progressé à la faveur de cette dynamique, passant de 392 kg d'or en 2022 à 730 kg en 2024, mais elle ne représente encore que 1,2 % de la production aurifère nationale. Ce niveau reste insignifiant en comparaison avec les performances observées dans d'autres pays de la sous-région : 10,34 % au Mali, 15,17 % au Burkina Faso et 35 % au Ghana. 

Plus préoccupant encore, le ministre a souligné que la production réelle issue de l'EMAPE serait comparable à celle du secteur industriel national qui a passé le cap des 50 tonnes en 2023, laissant ainsi entrevoir l'ampleur des pertes pour l'économie nationale. " L'impact positif de l'EMAPE sur notre économie et sur nos communautés reste extrêmement faible, faute de mécanismes efficaces pour capter l'intégralité de cette production ", a-t-il insisté, pointant également la nécessité de mieux valoriser un secteur plus formel où les acteurs sont essentiellement ivoiriens. 

Dans ce contexte, l'atelier a été conçu comme un moment charnière pour poser un diagnostic sans concession. Il s'agit d'évaluer les forces et faiblesses de l'EMAPE, d'identifier les principaux freins à sa formalisation et de proposer des mesures concrètes pour optimiser sa contribution économique. Les participants sont également appelés à réfléchir à des solutions de cohabitation équilibrée entre petites mines et exploitations industrielles, tout en intégrant des enjeux environnementaux et sociaux à travers la promotion de pratiques responsables et la création de pôles de formation aux métiers de la mine. 

En plaçant l'EMAPE au cœur de la réflexion stratégique, le ministre entend enclencher une dynamique nouvelle. Il s'agit de passer d'une exploitation informelle, marginalisée et source de désordres environnementaux, à une petite mine organisée, traçable et pleinement intégrée aux chaînes de valeur du secteur minier ivoirien. Cette démarche, a-t-il rappelé, s'inscrit dans la vision du Président Alassane Ouattara, qui fait du secteur minier l'un des piliers de l'émergence économique du pays. 

À l'issue des travaux, qui s'achèveront le 30 avril, des recommandations opérationnelles sont attendues pour redessiner en profondeur le cadre de l'EMAPE. Le ministre a exprimé sa conviction que cet atelier constituera un tournant décisif, en jetant les bases d'une exploitation artisanale modernisée, durable et créatrice de valeur pour les communautés et pour l'État.

Publié le 29/04/25 10:31

Jean Mermoz Konandi

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