À partir du 1er juillet 2026, toutes les entreprises burkinabè du régime normal d'imposition devront émettre leurs factures de manière électronique et sécurisée. Cette obligation marque l'aboutissement d'une réforme lancée officiellement ce 6 janvier par le ministère de l'Économie et des Finances pour lutter contre la fraude à la TVA et moderniser les transactions commerciales.
Concrètement, il s'agit de remplacer les factures papier classiques par un système informatique qui enregistre et sécurise chaque vente en temps réel. Chaque facture émise contiendra désormais un code unique impossible à falsifier, un QR code que n'importe qui peut scanner avec son téléphone pour vérifier son authenticité, et un horodatage automatique. Ces éléments permettent de tracer l'origine de chaque transaction et d'empêcher les manipulations frauduleuses.
Le système repose sur deux types d'appareils selon la situation de l'entreprise. Celles qui utilisent déjà un logiciel de facturation recevront un petit boîtier électronique à connecter à leur ordinateur. Ce module certifie automatiquement chaque facture émise par leur logiciel. Les entreprises qui travaillent encore manuellement ou sans ordinateur obtiendront une machine complète qui fait à la fois office de caisse enregistreuse et d'imprimante de factures certifiées. La Direction générale des impôts ne reconnaîtra aucun autre document comme preuve légale de transaction.
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Cette réforme répond à un constat d'échec. En 2017, le gouvernement avait déjà tenté de sécuriser les factures en imposant des carnets officiels avec des autocollants de sécurité. Sept ans plus tard, la fraude continue de prospérer. Les faussaires ont trouvé comment contourner ces protections physiques et la traçabilité promise n'a jamais vraiment fonctionné. Les pertes pour le budget de l'État restent massives.
La solution numérique apparaît plus robuste. Chaque transaction est automatiquement enregistrée dans une base de données centrale accessible à l'administration fiscale. Les calculs de TVA se font automatiquement, réduisant les erreurs involontaires ou les arrangements douteux. Les entreprises peuvent consulter en temps réel leurs statistiques de vente et leurs obligations fiscales.
Fanuelle YAO
La Rédaction
Publié le 06/01/26 14:52