Le Nigeria va exploiter le gaz torché pour ses besoins énergétiques

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La NNPC, la compagnie pétrolière nationale du Nigeria, a conclu de nouveaux accords avec Heirs Energies, une entreprise privée spécialisée dans la valorisation du gaz, et cinq sociétés spécialisées dans la valorisation du gaz, dont AUT Gas, Twems Energies, GPID, PCCD et Africa Gas & Transport Company, afin de récupérer le gaz jusque-là brûlé dans plusieurs champs pétroliers, notamment sur le bloc OML 17. Ce partenariat vise à transformer environ 180 millions de pieds cubes de gaz qui étaient torchés chaque jour en une source d'énergie destinée aux ménages, aux industriels et aux opérateurs électriques du pays.

Le torchage, pratique courante depuis des décennies au Nigeria, consiste à brûler le gaz associé au pétrole lorsqu'aucune infrastructure ne permet de le stocker ou de le transporter. Cette combustion visible de loin, qui s'échappe des têtes de puits, s'accompagne d'émissions polluantes et représente une perte économique considérable. Les nouveaux accords permettent désormais la construction d'installations permettant de capter ce gaz dès son extraction, avant de le confier à des entreprises responsables de le traiter et de le commercialiser.

Voir aussi- Gaz torché : 63 milliards USD partis en fumée en 2024, l'équivalent de la consommation annuelle de l'Afrique

Cette démarche marque une évolution notable pour l'industrie pétrolière nigériane, qui cherche à réduire son empreinte carbone tout en renforçant la sécurité énergétique du pays. En valorisant un gaz jusque-là gaspillé, les autorités espèrent stimuler l'offre locale d'énergie, soutenir l'activité industrielle et diminuer la dépendance à des sources plus coûteuses. Plusieurs sociétés d'offtake ont déjà été sélectionnées pour absorber ce gaz et l'orienter vers des usages domestiques ou électriques, garantissant ainsi la viabilité économique du programme.

Dans un contexte où le Nigeria fait partie des plus grands émetteurs de gaz torchés au monde, la récupération de volumes aussi importants est perçue comme un signal fort. Au-delà de l'aspect environnemental, l'initiative reflète la volonté des autorités d'accélérer la transition vers une exploitation plus efficace de ses ressources. En transformant un déchet énergétique en ressource stratégique, le pays espère concilier impératifs écologiques, besoins énergétiques croissants et meilleure valorisation de ses hydrocarbures.

Rappelons que selon la Banque mondiale, les pertes économiques liées au torchage sont considérables, le gaz brûlé représentant chaque année environ 63 milliards de dollars d'énergie perdue, sans compter l'impact environnemental majeur lié aux émissions de gaz à effet de serre.

Fanuelle YAO

Publié le 10/12/25 13:10

La Rédaction

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