Mali : L’État reprend la main sur les explosifs civils

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Le Mali annonce la prise de participation majoritaire de l'État (51%) dans une société de production d'explosifs à usage civil, marquant une décision à forte portée économique, sécuritaire et géopolitique. Baptisée Société industrielle du centre du Mali, FARATCHI-CO-SA, la coentreprise est développée en partenariat avec le groupe chinois Auxin Chemical Technology, filiale du géant public NORINCO.

Adoptée lors du conseil des ministres du 23 janvier, cette initiative s'appuie sur un pacte d'actionnaires signé en novembre 2024 et consacre la volonté de Bamako de reprendre le contrôle d'un intrant stratégique au cœur de l'industrie minière. Les explosifs civils sont indispensables à l'exploitation aurifère industrielle, aux carrières et à certains travaux de génie civil, des activités clés pour une économie largement tributaire des ressources naturelles.

Malgré son statut de l'un des premiers producteurs d'or en Afrique, le Mali dépendait jusqu'ici largement des importations pour ses explosifs industriels. Un paradoxe que les autorités entendent corriger en développant une capacité de production locale, susceptible de réduire la dépendance extérieure, d'améliorer la disponibilité des intrants et de mieux maîtriser la chaîne d'approvisionnement.

Selon les données commerciales, le pays avait importé environ 5,2 millions de dollars de produits liés aux explosifs et articles pyrotechniques au deuxième trimestre 2023, dans un environnement réglementaire déjà durci. La création de FARATCHI-CO-SA doit ainsi permettre à l'État de renforcer la traçabilité, la supervision et la sécurité de ces produits sensibles, sans freiner l'activité minière.

Dans la nouvelle configuration capitalistique, Auxin Chemical Technology détient 49% et apportera le financement ainsi que l'expertise technique nécessaires à la construction de l'usine, annoncée pour être achevée sous douze mois. Le coût de l'installation n'a pas été communiqué. Déjà fournisseur d'explosifs industriels dans six pays africains, Auxin renforce ainsi la présence industrielle chinoise au Sahel, dans un contexte de réalignement stratégique des pays de la région.

Cette initiative s'inscrit dans la continuité du nouveau Code minier adopté en 2023 et de la loi sur le contenu local, qui ont relevé la participation de l'État dans les projets et renforcé les exigences de retombées économiques nationales. L'objectif vise à mieux capter la valeur, structurer des chaînes de valeur locales et sécuriser des intrants critiques. Le Mali compte environ 30 exploitations industrielles d'or, dont 15 grandes mines, deux importantes mines de lithium et de nombreux sites de carrières.

Publié le 27/01/26 17:49

Narcisse Angan

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