Au Cap, en Afrique du Sud, à l'occasion de la deuxième journée du Mining Indaba 2026, la Côte d'Ivoire a déroulé une stratégie parfaitement calibrée : convaincre, chiffres à l'appui, qu'elle est devenue l'une des juridictions minières les plus compétitives du continent. Devant plus d'une centaine de participants – dont de grands investisseurs internationaux – Abidjan a mis en avant dix années de croissance soutenue, de réformes structurelles et de consolidation institutionnelle.
Intitulée " 10 ans de Croissance Minière : Résultats d'une Gouvernance multipartite ", la présentation officielle a été assurée par Seydou Coulibaly, Directeur Général des Mines et de la Géologie. Il a rappelé que plus de 2 000 milliards de FCFA d'investissements cumulés ont été injectés dans le secteur au cours de la dernière décennie, traduisant une dynamique d'expansion sans précédent.
Selon lui, cette performance repose sur " une gouvernance multipartite fondée sur la transparence ", qui a permis à la Côte d'Ivoire d'être classée par le Fraser Institute, en 2022, 2023 et 2024, comme la meilleure juridiction minière d'Afrique de l'Ouest. Le pays se positionne également comme première destination sous-régionale pour l'investissement minier et figure dans le top 10 des juridictions les plus attractives d'Afrique. Autre indicateur mis en avant : la Côte d'Ivoire est considérée comme l'un des meilleurs endroits au monde pour construire une mine d'or, ce que confirme la présence d'une dizaine de compagnies minières internationales opérant sur son territoire.
Un socle macroéconomique et géologique solide
Au-delà des classements, Abidjan a insisté sur ses fondamentaux : stabilité politique, indice de sécurité nationale évalué à 1,2 en 2024, infrastructures modernisées, offre énergétique disponible et capital humain qualifié. Des arguments destinés à rassurer des investisseurs de plus en plus attentifs au triptyque risque-rentabilité-durabilité.
Sur le plan géologique, le potentiel reste considérable. Avec 35 % des roches birimiennes d'Afrique de l'Ouest, la Côte d'Ivoire bénéficie d'une richesse aurifère avérée, à laquelle s'ajoutent des métaux de base présents dans 18,6 % des formations archéennes. Des indices de la plupart des minéraux stratégiques recherchés à l'échelle mondiale ont été identifiés : or, manganèse, nickel, bauxite, mais aussi lithium, cobalt, coltan, cuivre, chrome, fer, diamant ou molybdène.
Le parc minier national compte désormais 19 mines en production : 13 d'or, 4 de manganèse, une de bauxite et une de nickel. Une base productive en expansion, dans un contexte de modernisation accélérée du cadre réglementaire.
Réformes et transparence comme leviers d'attractivité
Le Directeur Général des Mines et de la Géologie a détaillé les chantiers en cours : révision du code minier, modernisation du cadastre minier pour renforcer la transparence, participation active à l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) et conformité aux exigences du Processus de Kimberley pour le diamant. Autant de signaux envoyés aux marchés pour consolider la crédibilité institutionnelle du pays.
Représentant le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, l'ambassadeur de Côte d'Ivoire en Afrique du Sud, Sakaria Koné, a appelé les investisseurs à s'inscrire dans " un modèle ivoirien où la rentabilité de l'investissement s'inscrit dans un cadre de partenariat ", associant État, secteur privé et communautés locales, dans le respect des standards environnementaux et sociaux.
" La Côte d'Ivoire n'est pas seulement prête pour l'investissement ; elle est prête pour des partenariats à long terme, capables de construire les mines de demain – des mines plus compétitives, plus responsables et plus inclusives ", a-t-il affirmé.
Arnaud Kouassi, Conseiller technique et chef de la délégation ivoirienne, a conclu en soulignant que " la Côte d'Ivoire s'affirme aujourd'hui comme une destination minière crédible, compétitive et stable ".
Cap sur le SIREXE 2026
Au-delà de la vitrine sud-africaine, la délégation ivoirienne – composée également de Jean-Luc Assi, président du conseil d'administration de la SODEMI, société publique dédiée au secteur minier, du GPMCI, la faîtière des opérateurs de la filière et d'opérateurs privés – a donné rendez-vous aux investisseurs à Abidjan pour le SIREXE 2026, prévu du 18 au 22 novembre.
L'objectif visé est transformer l'intérêt suscité au Mining Indaba en engagements concrets, non seulement dans les mines, mais également dans le pétrole et l'énergie. Dans un contexte mondial marqué par la compétition pour les ressources critiques, la Côte d'Ivoire entend désormais jouer dans la cour des grandes juridictions minières africaines.
Publié le 11/02/26 09:30
La Rédaction