Avec la fin du programme avec le FMI, le Congo à l'épreuve de la discipline budgétaire

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La République du Congo arrive au terme de son programme avec le Fonds monétaire international (FMI) engagé en 2022, pour rétablir la soutenabilité des finances publiques après plusieurs années de stress budgétaire. Ce programme a permis un rééchelonnement partiel de la dette, un meilleur suivi des engagements de l'État et un encadrement plus strict des dépenses. À fin mars 2025, la dette publique atteint 8 272,2 milliards FCFA, un niveau qui illustre l'ampleur de l'ajustement encore nécessaire malgré les progrès réalisés.

Durant le programme, l'équilibre budgétaire a reposé sur deux piliers fragiles. D'une part, l'ancrage FMI, qui a imposé des plafonds de dépenses et des exigences de transparence. D'autre part, la remontée des prix du pétrole, secteur qui représente encore plus de 70 % des recettes budgétaires et l'essentiel des recettes en devises. Cette dépendance structurelle rend les finances publiques très sensibles à la volatilité des cours et à l'évolution de la production nationale, dans un contexte de champs matures.

La fin du programme pose désormais la question du financement post-FMI. Sans décaissements concessionnels et sans cadre formel avec l'institution, le Congo devra s'appuyer davantage sur ses ressources propres et sur le marché financier régional, souvent à des maturités plus courtes. Cette configuration pourrait faire peser un risque de refinancement, notamment si les besoins de trésorerie augmentent ou si les dépenses sociales et salariales progressent plus vite que les recettes. 

Cette fin du programme FMI ouvre également une phase d'observation beaucoup plus exigeante. La qualification de “dette viable” avancée par l'institution ces derniers mois repose sur des hypothèses de maintien d'un excédent primaire, d'absence de nouveaux engagements hors budget, de poursuite des réformes de gouvernance et de stabilité des recettes pétrolières. Or, sans cadre formel avec le FMI, ces hypothèses ne sont plus encadrées par des conditionnalités externes. Dans un contexte où l'encours dépasse 8 000 milliards FCFA et où le recours au marché régional reste coûteux et de court terme, la crédibilité budgétaire du Congo se jouera sur la constance de l'exécution et la qualité de l'information financière publiée.

Idrissa Diakité

La Rédaction

Publié le 09/01/26 16:19

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