Ghana : Poursuivi pour corruption, l’ex-ministre des Finances épinglé aux Etats-Unis

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L'arrestation aux Etats-Unis de l'ancien ministre ghanéen des Finances, Ken Ofori-Atta, marque un nouvel épisode à forte portée politique et institutionnelle dans l'un des dossiers judiciaires les plus emblématiques de l'après-crise économique ghanéenne. Figure centrale et controversée de la gouvernance financière du pays entre 2017 et 2024, sous le régime de l'ancien président Nana Akufo-Addo, l'ex-argentier est actuellement détenu par les services américains de l'immigration en Virginie, officiellement pour des questions liées à son statut de séjour.

Selon ses avocats, cette détention ne relève pas d'une procédure pénale américaine, mais d'un contentieux administratif courant, consécutif à une demande de régularisation de statut visant à prolonger son séjour au-delà de la validité de son visa. Ken Ofori-Atta, âgé de 66 ans, séjourne aux États-Unis depuis janvier 2025 pour des raisons médicales, notamment le traitement d'un cancer de la prostate. Son équipe juridique affirme qu'il coopère pleinement avec les autorités américaines et s'attend à une résolution rapide du dossier.

Voir aussi - Ghana : L'ancien ministre des Finances, Ken Ofori-Atta, recherché par la justice

Au Ghana, l'affaire prend toutefois une dimension bien plus lourde. Ken Ofori-Atta est poursuivi pour de multiples chefs d'accusation, notamment des allégations de complot, de fraude dans les marchés publics et de préjudice financier causé à l'État à travers des transactions jugées opaques impliquant des fonds publics.

En novembre dernier, il a été formellement inculpé par le parquet ghanéen, avant d'être déclaré fugitif en février après avoir refusé de comparaître devant les enquêteurs. Ce statut avait temporairement été levé lorsque ses avocats avaient assuré qu'il rentrerait au pays pour répondre aux accusations. Les autorités ghanéennes ont depuis engagé une procédure d'extradition, aujourd'hui contestée par la défense, qui dénonce des poursuites à caractère politique.

Au-delà du sort personnel de Ken Ofori-Atta, cette affaire constitue un test majeur pour l'État de droit au Ghana. Elle pose la question de la capacité des institutions à poursuivre, de manière crédible et transparente, d'anciens responsables publics soupçonnés de mauvaise gestion ou de corruption, sans basculer dans le règlement de comptes politique. Si ses avocats réaffirment que leur client est prêt à répondre de ses actes ‘'dans le respect des lois du Ghana'', la suite dépendra autant de l'issue de la procédure d'immigration américaine que de la solidité du dossier judiciaire constitué à Accra.

Narcisse Angan

Publié le 09/01/26 16:42

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