En visite officielle à Brazzaville les 2 et 3 février 2026, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son homologue congolais Denis Sassou N'Guesso ont affiché leur volonté de renforcer la coopération entre le République du Congo et le Sénégal dans les secteurs du pétrole et du gaz. L'échange s'inscrit dans un contexte énergétique contrasté, entre un Congo producteur historique d'hydrocarbures et un Sénégal récemment entré en phase d'exploitation de ses ressources offshore.
Le Congo dispose d'une base industrielle éprouvée, avec une production pétrolière stabilisée autour de 250 000 à 270 000 barils par jour et une nouvelle dynamique gazière portée par le projet Congo LNG, opéré par Eni. Depuis fin 2025, la capacité de liquéfaction atteint environ 3 millions de tonnes de GNL par an, plaçant Brazzaville parmi les producteurs gaziers émergents du Golfe de Guinée. Cette montée en puissance oblige le Congo à diversifier ses débouchés commerciaux et sécuriser des marchés à moyen terme.
Le Sénégal, dont l'exploitation pétrolière et gazière a débuté en 2024 avec Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim, reste dans une phase de structuration de sa filière. Les volumes produits demeurent progressifs, tandis que les priorités portent sur la sécurisation des approvisionnements, la maîtrise des coûts et la formation des cadres. Dans cette perspective, Dakar pourrait tirer parti de l'expérience congolaise en matière de gestion des projets pétroliers, de contractualisation et de développement d'infrastructures gazières.
À ce stade, la coopération évoquée à Brazzaville ne s'est pas encore traduite par des accords chiffrés ni par un calendrier opérationnel. Mais la réflexion est là. Les pistes mentionnées vont des échanges d'expertise, à la formation, en passant par d'éventuels débouchés gaziers régionaux. Reste désormais les paramètres concrets alliant compétitivité des prix, capacités disponibles et infrastructures de transport.
Idrissa Diakité
Publié le 04/02/26 12:16
La Rédaction