La détente se confirme sur les marchés agricoles mondiaux. En janvier 2026, l'indice FAO des prix des produits alimentaires a enregistré son 5e mois consécutif de baisse, s'établissant à 123,9 points. Un recul modéré de 0,4% sur un mois, mais riche d'enseignements sur l'évolution des équilibres mondiaux entre offre, demande et aléas géopolitiques.
Sur un an, l'indice recule de 0,6% et reste inférieur de près de 23% à son pic historique de mars 2022, atteint au plus fort des tensions post pandémiques et géopolitiques.
Produits laitiers, viande et sucre tirent les prix vers le bas
La baisse globale est principalement portée par le repli marqué des prix des produits laitiers, de la viande et du sucre. Ces évolutions ont plus que compensé les hausses observées sur les céréales et les huiles végétales, évitant ainsi un retournement de tendance.
Les produits laitiers affichent la correction la plus nette. L'indice dédié chute de 5% sur un mois et de près de 15% sur un an, signant une 7e baisse mensuelle d'affilée. L'abondance de l'offre en Europe et aux États Unis, conjuguée à une concurrence internationale accrue, pèse lourdement sur les prix du fromage et du beurre. Seules les poudres de lait résistent, soutenues par un regain de la demande à l'importation en Afrique du Nord, au Proche Orient et dans certaines régions d'Asie.
Du côté de la viande, l'indice recule légèrement sur un mois mais reste en hausse de plus de 6% sur un an. La baisse est essentiellement imputable à la viande porcine, pénalisée par une demande internationale atone et des disponibilités abondantes en Europe. Les prix du bœuf et de l'ovin demeurent globalement stables, tandis que la volaille progresse, portée par une forte demande mondiale et par la hausse des cours au Brésil.
Le sucre confirme lui aussi sa trajectoire baissière. Les prix chutent de 19% sur un an, sous l'effet d'un net rebond de la production en Inde et de perspectives favorables en Thaïlande et au Brésil. L'anticipation d'une offre mondiale abondante exerce une pression durable sur les marchés.
Céréales et huiles végétales évoluent en ordre dispersé
Les céréales affichent une légère hausse mensuelle, mais restent en net recul sur un an. Les prix du blé se stabilisent, pris entre des inquiétudes climatiques dans certaines grandes zones de production et une situation mondiale de stocks jugée confortable. Le maïs poursuit son repli, malgré une demande soutenue pour l'éthanol aux États Unis, tandis que le riz fait figure d'exception avec une hausse notable, alimentée par une demande plus ferme, notamment pour les variétés parfumées.
Les huiles végétales repartent à la hausse. L'indice progresse de plus de 2% sur un mois et de 10% sur un an, tiré par les huiles de palme, de soja et de tournesol. Les tensions sur l'offre en Asie du Sud Est et dans la région de la mer Noire, combinées à une demande soutenue liée aux agrocarburants, expliquent cette remontée. Seule l'huile de colza recule, pénalisée par des importations abondantes dans l'Union européenne.
La poursuite de la baisse des prix alimentaires constitue une respiration pour les ménages et pour les pays importateurs nets, en particulier dans les économies émergentes et en développement. Elle ne doit toutefois pas masquer la fragilité persistante des équilibres. Les marchés restent exposés aux aléas climatiques, aux décisions commerciales et aux tensions géopolitiques qui peuvent rapidement inverser les tendances.
Publié le 06/02/26 15:18
Dr Ange Ponou