À défaut d'un accord formalisé avec le Fonds monétaire international, Libreville avance sur un autre front financier. En effet, le Gabon est engagé dans des négociations avancées avec la Banque mondiale en vue d'un nouvel appui de 500 millions de dollars, soit environ 300 milliards FCFA. L'enveloppe, encore en cours de structuration, s'inscrit dans une logique de stabilisation macroéconomique et de soutien ciblé aux priorités du Plan national de développement, dans un contexte budgétaire toujours contraint.
Ces discussions interviennent alors que le gouvernement gabonais prépare le terrain technique et politique pour une reprise formelle des échanges avec le Fonds monétaire international. En attendant, l'option Banque mondiale permettrait de sécuriser des ressources significatives à court terme, sans attendre l'aboutissement d'un programme FMI, souvent plus long et plus conditionné. Pour les autorités, il s'agit de préserver des marges de manœuvre financières tout en envoyant un signal de continuité aux partenaires internationaux.
L'orientation des fonds est déjà balisée. Les secteurs ciblés incluent les infrastructures, l'accès à l'énergie, le numérique, notamment à travers la poursuite du programme Gabon Digital et le renforcement des services sociaux de base. Ce schéma correspond aux axes traditionnellement soutenus par la Banque mondiale au Gabon, avec une attention particulière portée à l'efficacité de la dépense publique, à l'impact social des investissements et à la capacité d'exécution des projets.
Mais l'enjeu est surtout politique et financier. Un accord rapide avec la Banque mondiale constituerait un signal de confiance des institutions de Bretton Woods à l'égard de la trajectoire engagée par Libreville depuis 2024, marquée par des réformes budgétaires, des efforts de transparence et une volonté affichée d'améliorer la qualité de l'investissement public. Reste néanmoins la capacité de l'État à transformer ces financements en résultats, dans un contexte où l'appui de la Banque mondiale pourrait servir de test avant un retour plus structurant du FMI.
Idrissa Diakité
Publié le 04/02/26 12:05
La Rédaction