Le Conseil des ministres acte un resserrement du cadre budgétaire applicable aux entreprises et établissements publics, un périmètre stratégique mais historiquement vulnérable des finances publiques gabonaises. Le pays compte plus de 120 entreprises publiques et autres services publiques personnalisés (SPP), dont l'enveloppe annuel dépassait encore 160 milliards FCFA par an en 2023, actives notamment dans l'énergie, l'eau, les transports, les infrastructures et les services, dont une part significative présente des déséquilibres financiers récurrents. Ces entités constituent un enjeu budgétaire majeur du fait des subventions, dotations et appuis implicites qu'elles mobilisent chaque année.
La Loi de finances 2026 place cette question au cœur de l'équilibre budgétaire. Le budget de l'État est arrêté à environ 6 358 milliards FCFA, avec des dépenses du budget général supérieures à 4 400 milliards FCFA. Dans cette enveloppe, les transferts et subventions représentent une masse élevée, ce qui accroît la sensibilité du budget aux contre-performances des entreprises publiques et aux besoins de soutien non anticipés.
Les décisions du Conseil visent donc à renforcer la discipline financière à travers un encadrement plus strict des relations entre l'État et ses entités. Les appuis budgétaires sont appelés à être davantage conditionnés, tandis que les exigences de transparence financière et de reporting sont renforcées. L'objectif affiché est de limiter la reconstitution de déficits structurels financés indirectement par le Trésor.
Sur le plan économique et bien plus, cette inflexion traduit une évolution de doctrine. Les entreprises publiques ne sont plus considérées comme des prolongements automatiques du budget de l'État, mais comme des entités devant s'inscrire dans une trajectoire de soutenabilité. Pour les finances publiques, l'enjeu est de réduire les passifs contingents et de sécuriser l'exécution budgétaire sur l'ensemble de l'exercice 2026. A noter que cette nouvelle ligne directrice est en alignement à la volonté des partenaires techniques et financiers en tête desquels le Fonds Monétaire International (FMI), qui avait déjà remis en cause les participations de l'État dans plusieurs compagnies dont la Société Gabonaise de Raffinage (Sogara).
Publié le 30/01/26 12:51
La Rédaction