Hydrocarbures : 41 milliards de dollars d'investissements projetés en Afrique en 2026

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L'Afrique s'apprête à capter une part significative des investissements mondiaux dans l'énergie en 2026. Selon The State of African Energy Report 2026 , les dépenses mondiales en exploration et production (E&P) devraient atteindre 504 milliards de dollars, dont environ 41 milliards de dollars pour le continent africain, soit près de 8 % du capex mondial. Ce niveau d'investissement marque une stabilisation après plusieurs années de sous-investissement, mais il révèle surtout une sélectivité accrue des capitaux.

La géographie de ces flux est loin d'être homogène. Le rapport montre que l'essentiel des investissements se concentre sur des projets offshore profond, LNG et gaz naturel, portés par des pays capables d'offrir visibilité réglementaire, taille critique et débouchés clairs. La Namibie, le Mozambique, le Nigeria, l'Angola ou encore le Sénégal figurent parmi les principaux bénéficiaires de cette nouvelle vague. À l'inverse, les régions dominées par des actifs matures et des cadres institutionnels fragmentés peinent à capter ces flux, malgré des ressources parfois comparables.

Cette allocation du capital traduit un changement profond de logique. L'investissement énergétique en Afrique ne repose plus uniquement sur la présence de pétrole ou de gaz, mais sur la capacité à monétiser rapidement, à intégrer les chaînes de valeur et à répondre aux nouvelles exigences environnementales. Le rapport rappelle que 37 % de la production africaine est désormais gazière, et que le gaz est appelé à jouer un rôle central dans la production électrique, l'industrialisation et la réduction des émissions. Les projets capables de combiner LNG, gas-to-power et marchés domestiques solvables sont ceux qui attirent le plus de capitaux.

Derrière le chiffre de 41 milliards de dollars, The State of African Energy 2026 met donc en lumière une réalité : l'Afrique attire des investissements, mais pas partout et pas à n'importe quelles conditions. Le continent entre dans une phase où l'énergie n'est plus une rente automatique, mais un secteur hautement compétitif. Pour les pays et régions qui ne s'adaptent pas, le risque n'est plus l'absence de ressources, mais l'exclusion progressive des grands flux d'investissement mondiaux.

Idrissa Diakité

Publié le 06/02/26 10:00

La Rédaction

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