La BOAD, Banque ouest-africaine de développement, s'illustre à nouveau dans le financement du développement durable en Afrique de l'Ouest. Avec l'approbation fin décembre 2025 de trois projets majeurs par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM), l'institution régionale sécurise plus de 29 millions de dollars de dons, soit environ 17 milliards FCFA, au bénéfice du Bénin, du Burkina Faso et du Mali. En annonçant l'approbation de ces trois projets climatiques d'envergure par le FEM, la Banque démontre sa capacité à capter des ressources internationales sous forme de dons, tout en les alignant sur les priorités nationales et régionales.
Cette mobilisation de financements concessionnels constitue un enjeu central pour les États, dans un contexte sahélien et côtier marqué par l'intensification des chocs climatiques : sécheresses, dégradation des terres, stress hydrique et pression urbaine. Entièrement conçus et structurés par la Banque, ces projets traduisent la diversité et la maturité de son portefeuille climat, allant de l'adaptation agricole et rurale à la résilience urbaine et à la transition vers des modèles de développement sobres en carbone.
Dans le détail, au Burkina Faso, le Projet d'adaptation climatique et d'agriculture résiliente dans le plateau central (PACAR) bénéficie d'un financement de 10 millions de dollars, soit 5,8 milliards FCFA). L'initiative cible l'une des zones les plus vulnérables du pays, où la dégradation des sols et l'irrégularité pluviométrique fragilisent durablement les moyens de subsistance. Le projet prévoit la restauration de 15 000 hectares de terres dégradées, la diffusion de pratiques agricoles intelligentes face au climat et l'amélioration de l'accès à l'eau.
Au Mali, le Projet intégré d'adaptation et de résilience au climat (PAREC) mobilise 11,227 millions de dollars, soit 6,6 milliards FCFA. Il ambitionne la réhabilitation de 150 000 hectares de paysages sahéliens dégradés et le renforcement durable des moyens de subsistance de près de 350 000 bénéficiaires. Couvrant 26 communes dans les régions de Kayes, Nioro et Ségou, le PAREC s'attaque aux causes structurelles de la désertification tout en améliorant les conditions de vie locales.
Au Bénin, le Projet de verdissement du Grand Nokoué (PVGN) illustre l'extension de l'action climatique de la BOAD au milieu urbain. Doté de 8 millions de dollars, soit 4,6 milliards FCFA, le projet vise à transformer le modèle de développement du Grand Nokoué, principal pôle économique et démographique du pays, à travers des infrastructures vertes et bleues et des solutions de mobilité à faible émission. Face à la croissance urbaine rapide et à la vulnérabilité accrue aux inondations et à la pollution, le PVGN propose une approche intégrée, conciliant résilience climatique, qualité de vie et attractivité économique.
La BOAD, catalyseur régional de la finance climat
L'approbation simultanée de ces trois projets marque une étape déterminante dans la coopération entre la BOAD, le FEM et les États bénéficiaires. En tant qu'agence accréditée auprès du Fonds, la Banque confirme sa capacité à identifier, structurer et faire aboutir des programmes complexes répondant aux standards internationaux les plus exigeants.
La réussite de ces financements repose sur une approche inclusive. Dans chacun des pays concernés, la BOAD a organisé des ateliers nationaux de concertation, associant autorités publiques et acteurs locaux afin d'identifier les besoins prioritaires. Cette démarche participative, couplée à une expertise technique pointue, a permis de convertir des concepts de terrain en propositions solides, conformes aux exigences du FEM.
Pour aller plus loin, la Banque entend systématiser cette dynamique grâce au Fonds d'Études Climat (FEC), un instrument destiné à accélérer la préparation et la maturation des projets en amont dans l'objectif de garantir un flux constant d'investissements verts au profit des économies de la région.
Narcisse Angan
Publié le 05/01/26 09:55