Longtemps perçue comme un gisement diffus de ressources halieutiques et énergétiques, l'économie bleue du Cameroun s'impose désormais comme un pilier chiffré et structuré de la stratégie nationale de développement. Selon une première évaluation conduite avec l'appui de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique et du ministère de l'Économie, elle représente déjà 5,8% du produit intérieur brut et près de 3% de l'emploi total, tandis que la valeur de ses services écosystémiques est estimée à 22 600 milliards FCFA.
Ces données, dévoilées à l'issue d'un atelier de haut niveau organisé à Yaoundé du 27 au 30 janvier, marquent une rupture méthodologique. Pour la première fois, le pays dispose d'un socle statistique harmonisé pour mesurer l'apport réel de ses ressources maritimes, côtières et aquatiques à la richesse nationale.
Une frontière économique encore sous exploitée
Derrière ces chiffres, un constat s'impose : le potentiel reste largement sous exploité. Agriculture, sylviculture et pêche concentrent à elles seules 68,28% de la valeur ajoutée brute du secteur bleu, révélant une forte dépendance aux activités primaires et un espace important pour la montée en gamme.
Autrement dit, au-delà de la pêche et des hydrocarbures offshore, c'est l'ensemble des services rendus par les écosystèmes marins et côtiers qui constituent un actif stratégique souvent invisible dans les comptes publics.
Près de 40 experts nationaux issus de la pêche, du tourisme, de l'énergie, de l'environnement et des statistiques ont été formés à l'évaluation de l'économie bleue. Ce noyau constitue désormais le comité technique chargé d'élaborer la future stratégie nationale.
Publié le 11/02/26 19:16
La Rédaction