Alors que la décision de Washington de suspendre le traitement des visas d'immigrants pour 25 pays africains entre en vigueur le 21 janvier 2026, les premières clarifications du Département d'État, consultées par Sika Finance, permettent de mieux comprendre les implications concrètes pour les candidats issus du continent. Voici ce qu'il faut retenir.
Une suspension motivée par un durcissement radical des critères économiques
Selon l'administration Trump, cette mesure s'inscrit dans la volonté affichée du président de limiter l'immigration aux candidats capables de subvenir eux-mêmes à leurs besoins. Le Département d'État explique procéder à une " révision complète " de toutes les politiques migratoires afin de s'assurer que les immigrants originaires des pays considérés comme " à haut risque " ne recourent pas aux programmes d'aide sociale américains.
Voir aussi - L'administration Trump gèle le traitement des visas d'immigrants pour 75 pays, dont 25 en Afrique
En clair, Washington souhaite désormais que chaque immigrant potentiel prouve, de manière stricte, qu'il ne deviendra pas une charge financière pour l'État fédéral, les États ou les collectivités locales une fois installé aux États-Unis.
Les rendez-vous d'entretien restent possibles, mais aucun visa ne sera délivré
Contrairement à ce que certains candidats auraient pu craindre, les procédures administratives ne s'arrêtent pas totalement. Les ambassades américaines dans les pays africains concernés continueront d'accepter les dossiers, de planifier des entretiens et de recevoir les demandeurs.
Cependant, aucun visa d'immigrant ne pourra être délivré tant que la suspension restera en vigueur.
Les candidats pourront donc se présenter à l'entretien, mais leur dossier restera en attente, même s'il est jugé conforme et normalement éligible.
Des exceptions limitées : les binationaux peuvent échapper à la suspension
Le Département d'État précise une seule catégorie d'exemption : les demandeurs binationaux détenteurs d'un passeport valide d'un pays qui ne figure pas sur la liste des 75 pays concernés.
En pratique, cela signifie que certains Africains disposant d'une double nationalité, notamment européenne ou nord-américaine, pourront continuer à obtenir des visas d'immigrants selon les procédures habituelles.
Pour les autres, aucune voie dérogatoire n'est prévue pour le moment.
Les visas déjà délivrés ne sont pas annulés
Un point essentiel pour les milliers d'Africains dont le visa d'immigrant est encore valide : aucun visa déjà délivré n'a été révoqué.
La suspension vise uniquement les nouvelles délivrances. Les détenteurs actuels de visas en cours de validité restent donc autorisés à voyager, sous réserve des contrôles frontaliers effectués par le Département de la Sécurité intérieure (DHS).
Washington renvoie toutes les questions liées à l'admission sur le territoire américain au DHS, rappelant que la décision finale d'entrée relève toujours du contrôle migratoire à la frontière.
Les visas de tourisme ne sont pas concernés
Malgré l'ampleur de la décision, une catégorie importante échappe à la suspension : les visas de non-immigrant, en particulier les visas de tourisme (B1/B2).
Les voyageurs africains souhaitant visiter les États-Unis pour des raisons touristiques, médicales, professionnelles temporaires ou familiales ne sont donc pas affectés par ces nouvelles directives.
Cette exclusion est notable alors que les États-Unis s'apprêtent à accueillir deux événements mondiaux majeurs, la Coupe du monde 2026 et les Jeux olympiques de 2028.
Pour les familles, étudiants, professionnels ou futurs résidents permanents africains concernés, cette suspension constitue un blocage net et immédiat. Certains avaient déjà passé l'entretien, d'autres étaient en phase finale de procédure ; tous voient leurs projets gelés pour une durée encore inconnue.
Jean Mermoz Konandi
Publié le 15/01/26 15:27