RDC : Une panne sous-marine vient aggraver la dégradation d'internet déjà fortement decriée

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Selon l'Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), une défaillance technique sur le câble sous-marin WACS, l'une des principales artères numériques reliant l'Europe à l'Afrique de l'Ouest et centrale, est à l'origine des perturbations d'internet qui affectent les services Internet dans le pays. L'annonce officielle a été rendue publique le 14 janvier 2025 par le régulateur congolais, qui évoque une panne générale sur cette infrastructure stratégique et des opérations de maintenance toujours en cours.

Cet incident intervient dans un contexte politique déjà tendu autour de la qualité des services télécoms. Quelques jours auparavant, lors d'une réunion du Conseil des ministres tenue le 9 janvier 2025, le président de la République, Félix Tshisekedi, s'est exprimé sur la détérioration persistante des réseaux de télécommunications en RDC. Lors de cette intervention, dont le ministère de la Communication a relayé les grandes lignes dans un compte-rendu, le chef de l'État avait demandé aux autorités sectorielles de mettre fin aux dysfonctionnements répétés, n'excluant pas des sanctions à l'encontre des opérateurs jugés défaillants.

Sur le plan économique, la panne du WACS agit comme un révélateur. La RDC ne dispose que de deux connexions sous-marines internationales pour accéder au réseau Internet mondial. Outre le WACS, le pays est relié au câble 2Africa, dont l'atterrissement remonte à septembre 2023 et dont l'entrée en service commerciale n'a été effective qu'en décembre 2025, selon les informations communiquées par les autorités et les opérateurs partenaires. À ces liaisons s'ajoutent deux connexions terrestres via l'Ouganda, en passant par le lac Albert, mais leur capacité reste limitée face à la demande croissante.

La dépendance à un nombre restreint d'infrastructures expose l'économie congolaise à des chocs immédiats. Les services financiers numériques, le commerce en ligne, les entreprises de sous-traitance internationale et une large partie de l'administration reposent désormais sur une connectivité stable. Chaque interruption se traduit par des pertes de productivité et un renchérissement des coûts pour les opérateurs, qui doivent mobiliser des routes de secours plus onéreuses.

L'ARPTC affirme travailler avec les opérateurs pour définir des mécanismes de prise en charge des abonnés, en s'appuyant sur les dispositions applicables en cas de force majeure. Mais au-delà de la gestion commerciale de la crise, la question de la résilience du réseau national reste posée. Les autorités congolaises ont récemment signé un accord de partenariat estimé à 150 millions de dollars avec une entreprise mauricienne pour le déploiement d'un nouveau câble sous-marin international, un investissement présenté comme un levier de sécurisation à moyen terme.

L'épisode fait écho aux coupures massives enregistrées en mars 2024 sur plusieurs câbles sous-marins au large de l'Afrique, qui avaient provoqué un quasi-arrêt d'Internet dans de nombreux pays du continent. À l'époque, des organisations sectorielles et des experts avaient plaidé pour une diversification des routes et une complémentarité accrue avec les technologies satellitaires.

Cette approche est notamment défendue par la GSMA, l'association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile, qui considère le satellite comme une solution de continuité crédible lorsque les réseaux terrestres et sous-marins sont indisponibles. 

 

Perton Biyiha

La Rédaction

Publié le 15/01/26 12:46

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