Gabon : À la veille d’une mission du FMI, le 29/100 de Transparency International fragilise t-il le récit de la “Nouvelle République”?

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Avec 29/100 au CPI 2025 publié par Transparency International, le Gabon envoie un signal délicat au moment où le pays s'apprête à accueillir une mission du Fonds monétaire international. L'indice ne mesure pas des affaires précises, mais une perception agrégée de l'intégrité du secteur public. Or, à la veille d'échanges techniques sur la trajectoire macroéconomique, la dette et les réformes structurelles, ce type de notation pèse dans la lecture du risque pays. Il ne rassure ni les créanciers ni les investisseurs institutionnels.

Le classement met en évidence des corrélations robustes : faibles scores, justice perçue comme vulnérable, contrôles budgétaires jugés insuffisants et opacité dans les décisions publiques. Dans un contexte de refinancement et d'arbitrages budgétaires sensibles, cette perception accroît la prime de risque. Pour un État dépendant de recettes extractives et engagé dans des discussions avec le FMI, la crédibilité institutionnelle devient un actif macroéconomique. À 29/100, le Gabon se situe sous la moyenne régionale d'Afrique subsaharienne (32) et loin de la moyenne mondiale (42).

La comparaison CEMAC nuance toutefois cette perception : Cameroun (26), Congo (23), Tchad (22), RCA (24), Guinée équatoriale (15). La zone évolue dans un couloir de gouvernance fragile. Le Gabon apparaît légèrement au-dessus de la moyenne régionale (23-24), mais reste dans la zone critique. Dans une union monétaire, la faiblesse institutionnelle d'un membre influence la perception collective du risque. Le CPI agit alors comme un indicateur quasi-macroprudentiel pour l'ensemble de la région.

Ce résultat contraste avec l'élan politique né de la transition amorcée en 2023. L'espoir d'une “Nouvelle République” plus transparente et plus redevable était permis. Deux ans plus tard, l'indice suggère que la rupture perçue n'est pas encore consolidée au plan institutionnel. Les investisseurs scrutent moins les intentions que les dispositifs : indépendance des organes de contrôle, traçabilité des marchés publics, lisibilité du financement politique, discipline budgétaire vérifiable.

À l'approche de la mission du FMI, l'enjeu dépasse désormais l'image. Il s'agira de démontrer, par des mesures opérationnelles et auditables, que la gouvernance évolue. Transparence sur la dette et les engagements hors bilan, renforcement des audits, publication systématique des contrats stratégiques, protection des contre-pouvoirs : ce sont ces signaux qui peuvent infléchir la perception. À défaut, le 29/100 restera un marqueur de défiance susceptible de renchérir le coût du capital et d'affaiblir le récit de transformation institutionnelle.

Publié le 11/02/26 15:07

La Rédaction

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