La dette publique du Gabon s'établit à 8 547,2 milliards de FCFA, soit environ 15,4 milliards de dollars, à fin novembre 2025, selon les données officielles publiées par la Direction générale de la dette (DGD). En un an, l'encours a progressé de 1 414 milliards de FCFA, soit près de 2,55 milliards de dollars, correspondant à une hausse de 19,8 % par rapport à fin décembre 2024. Cette accélération est notable. Elle traduit un recours massif au financement, notamment domestique. L'encours atteint désormais un niveau historiquement élevé, ce qui déplace le débat vers la question de la soutenabilité.
En retenant une estimation du PIB nominal 2025 autour de 12 000 milliards de FCFA, soit environ 21,6 milliards de dollars, cette dette publique représenterait près de 71,2 % du PIB. Ce ratio place le Gabon légèrement au-dessus du critère communautaire de convergence de la CEMAC fixé à 70 %. Il demeure toutefois inférieur au niveau de 74,7 % du PIB estimé pour 2024 par la Banque mondiale. Malgré la forte hausse nominale de l'encours, la progression du PIB en valeur permettrait une relative stabilisation du ratio.
Dans le détail, la dette extérieure atteint 4 201,5 milliards de FCFA, soit environ 7,6 milliards de dollars. Elle se compose de 769,7 milliards de FCFA (1,39 milliard de dollars) de dettes bilatérales, 399,9 milliards de FCFA (720 millions de dollars) de dettes commerciales, 1 634,4 milliards de FCFA (2,95 milliards de dollars) de dettes multilatérales et 1 397,6 milliards de FCFA (2,52 milliards de dollars) d'engagements envers le marché financier international. La composante multilatérale demeure structurante, tandis que l'exposition aux marchés internationaux reste significative.
La dette intérieure s'élève quant à elle à 4 345,7 milliards de FCFA, soit environ 7,8 milliards de dollars, dépassant désormais la dette extérieure. Elle comprend 444,1 milliards de FCFA (800 millions de dollars) de dettes bancaires, 726,3 milliards de FCFA (1,31 milliard de dollars) de dettes moratoires et surtout 3 175,3 milliards de FCFA (5,72 milliards de dollars) envers le marché financier régional. Ce basculement constitue l'évolution majeure de 2025 : le financement public repose désormais prioritairement sur la liquidité régionale. Le Gabon évolue ainsi dans une zone d'endettement élevée en valeur absolue, mais encore contenue en proportion du PIB.
Publié le 12/02/26 11:49
La Rédaction