Gabon : Le patronat veut être associé à la gouvernance de la CNSS et de la CNAMGS

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Lors de la cérémonie de présentation des vœux au Chef de l'État, le 8 janvier 2025 à Libreville, la Fédération des Entreprises du Gabon (FEG) a réitéré une position déjà exprimée ces dernières années : la nécessité de repenser la gouvernance des deux piliers de la protection sociale, la CNSS et la CNAMGS. Alain-Claude Kouakoua, président de la FEG a certes salué les réformes de souveraineté financière engagées par l'exécutif, mais ce dernier estime que la performance des caisses sociales demeure un facteur clé de compétitivité pour les entreprises et d'efficacité pour l'économie.

Le débat n'est pas nouveau. Dès décembre 2022, lors d'échanges entre le gouvernement et le patronat, l'hypothèse d'une ouverture accrue au secteur privé dans la gestion de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), chargé de la sécurité sociale des travailleurs du secteur privé et assimilés au Gabon, et de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie et de Garantie Sociale (CNAMGS) en charge pour sa part de la couverture maladie universelle au Gabon, avait été évoquée. Notamment après des épisodes d'administration provisoire et de retards dans le traitement de certaines prestations. En 2024 et 2025, plusieurs réunions techniques ont suivi entre la FEG, les directions des caisses et les autorités de tutelle, avec pour objectif d'améliorer la transparence, la qualité du service et la rapidité des remboursements, sans remettre en cause le principe de solidarité nationale.

Sur le fond, la FEG ne plaide pas pour une privatisation au sens strict, mais pour une implication renforcée des entreprises contributrices dans les organes de gouvernance et de contrôle. Les entreprises formelles représentent l'essentiel des ressources des caisses : elles assurent la majeure partie des cotisations sociales, qui financent les retraites, les prestations familiales et la couverture maladie de plusieurs centaines de milliers de bénéficiaires directs et indirects. Dans ce contexte, le patronat estime légitime que les contributeurs aient un rôle plus actif dans les décisions stratégiques, afin de garantir une gestion plus efficace des flux financiers et une meilleure soutenabilité du système.

L'enjeu dépasse la seule question institutionnelle. Pour les entreprises, la performance de la CNSS et de la CNAMGS conditionne directement le coût du travail, la trésorerie et la prévisibilité des charges sociales. Pour l'État, il s'agit d'éviter que des dysfonctionnements récurrents ne fragilisent la confiance dans le système de protection sociale ou n'ouvrent la voie à des tensions budgétaires supplémentaires. En remettant le sujet sur la table en ce début d'année, la FEG propose un partenariat exigeant, fondé sur une meilleure gouvernance plutôt que sur une rupture du modèle.

La Rédaction

Publié le 13/01/26 11:19

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