Le Nigeria s'apprête à devenir l'un des premiers pays africains à se doter d'une législation complète sur l'intelligence artificielle (IA). Le projet de loi sur l'économie numérique et la gouvernance électronique, attendu d'ici fin mars, marque un tournant pour la principale économie d'Afrique de l'Ouest, qui cherche à encadrer un secteur en pleine expansion jusque-là faiblement régulé.
Le texte introduit une approche fondée sur les risques. Les systèmes d'IA dits ‘'à haut risque'', notamment dans la finance, l'administration publique, la surveillance et la prise de décision automatisée, seront soumis à un contrôle renforcé. Les fournisseurs devront publier chaque année des évaluations d'impact détaillant les risques, les performances et les mesures d'atténuation mises en place.
La loi prévoit également un régime de sanctions financières dissuasif, avec des amendes pouvant atteindre 10 millions de nairas ou 2% du chiffre d'affaires annuel brut des opérateurs concernés.
Au-delà de la conformité, Abuja veut imposer des standards éthiques en matière de transparence, d'équité et de responsabilité des algorithmes, en s'inspirant des cadres européens et asiatiques. L'objectif est de sécuriser l'innovation tout en protégeant l'économie et les citoyens contre les usages abusifs.
Le projet inclut aussi la création d'environnements de test réglementés, destinés aux start-up et aux institutions, afin de favoriser l'innovation sous supervision. Pour les autorités, la régulation doit accompagner la croissance du secteur, et non l'entraver.
En se dotant d'un cadre juridique contraignant, le Nigeria affirme sa volonté de faire de l'IA un pilier stratégique de sa souveraineté numérique et de sa compétitivité économique, dans un contexte où l'économie digitale devient un moteur central de la croissance africaine.
La Rédaction
Publié le 13/01/26 13:15