Au Ghana, l'inflation a poursuivi pour le quatorzième mois consécutif sa trajectoire baissière, s'établissant à 3,3% en février 2026, son niveau le plus faible depuis août 1999, selon les chiffres publiés par le Ghana Statistical Service. Ce résultat, en recul de 0,5 point de pourcentage par rapport aux 3,8% enregistrés en janvier, traduit un retournement spectaculaire pour une économie qui suffoquait encore sous une inflation de 52,8% en 2023.
Ce repli tient en grande partie à la décélération enregistrée dans plusieurs composantes clés de l'indice, notamment l'inflation alimentaire, qui est tombée de 3,9% en janvier à 2,4% en février, portée par des baisses de prix sur les légumes et les céréales. L'inflation des produits importés a elle aussi chuté sensiblement, à 0,6% contre 2,0% le mois précédent, signe d'une stabilisation progressive du cedi sur les marchés des changes.
Voir aussi- L'inflation au Ghana poursuit sa descente pour le 13ᵉ mois consécutif
Cette dynamique a ouvert la voie à une politique monétaire plus accommodante. La Banque du Ghana a procédé depuis juillet 2025 à des baisses cumulées de son taux directeur de 12,5 points de pourcentage, des décisions rendues possibles par cette désinflation durable. Sur le plan budgétaire, la dette publique a reculé de 61,8% du PIB fin 2024 à 45,3% fin 2025, tandis que le ministère des finances a réouvert le marché des obligations domestiques après trois ans de restriction.
Les économistes restent néanmoins prudents. Si le gouvernement du président John Mahama a présenté 2026 comme une année de stabilisation, le Ghana a consacré en moyenne 36% de ses recettes publiques au service de sa dette sur la dernière décennie. La solidité de ce redressement se mesurera à la capacité des autorités à maintenir la rigueur budgétaire sur le long terme, bien au-delà des prochaines échéances politiques.
Fanuelle YAO
Publié le 04/03/26 13:01
La Rédaction
SN
CEMAC