Le Ghana entend franchir un nouveau cap dans sa stratégie de souveraineté alimentaire et de transformation structurelle. Le pays ambitionne en effet de réduire d'environ 200 millions de dollars, soit 113 milliards FCFA, par an sa facture d'importation d'huile de palme, en s'appuyant sur un vaste programme de développement agricole en partenariat avec la Chine. L'annonce a été faite par le ministre ghanéen en charge de l'Agriculture, Eric Opoku, lors du gala du Nouvel An lunaire chinois 2026 organisé à Accra, rapportent des sources locales. À cette occasion, il a rappelé que l'agriculture constitue désormais l'un des piliers centraux du programme de relance économique porté par le président John Dramani Mahama.
Au cœur de cette stratégie, figure le Programme intégré de développement de la culture du palmier à huile (2026-2032). L'objectif est ambitieux et vise à aménager 100 000 hectares de plantations, générer 250 000 emplois et réduire drastiquement la dépendance du pays aux importations d'huile de palme. Le Ghana, qui importe encore une part significative de ses besoins en huile de palme, voit dans ce programme un levier stratégique pour améliorer sa balance commerciale, soutenir le cedi et créer de la valeur ajoutée locale.
Le budget 2026 positionne explicitement l'agriculture comme un catalyseur de l'industrialisation, de l'expansion des exportations, de la création d'emplois et de la stabilité macroéconomique, souligne le ministre de l'Agriculture. Cette approche s'inscrit dans une logique de substitution aux importations et d'intégration verticale des chaînes de valeur.
Pour soutenir cette transformation, le gouvernement a lancé une série d'initiatives structurantes : distribution de 31 000 tonnes de semences de riz, 4 388 tonnes de semences de maïs, 2 791 tonnes de semences de soja, 272 000 tonnes d'engrais, extension des systèmes d'irrigation, et construction de barrages dans les régions septentrionales. Ces investissements visent à réduire la dépendance à l'agriculture pluviale, particulièrement vulnérable aux aléas climatiques, et à sécuriser les rendements.
La coopération entre Accra et Pékin, historiquement dominée par le commerce et les infrastructures, pourrait ainsi évoluer vers un partenariat productif plus équilibré. En appelant à des coentreprises plutôt qu'à une aide classique, le gouvernement ghanéen affiche une volonté de montée en gamme industrielle et de transfert de compétences.
Publié le 04/03/26 11:10
Narcisse Angan
SN
CEMAC