Gabon : Les filières forestière et ferroviaire renforcent une alliance stratégique pour la compétitivité

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Un accord tarifaire vient d'être conclu entre l'Union des Forestiers et Industriels du Bois du Gabon (UFIGA) et la Société d'Exploitation du Transgabonais (SETRAG) pour la période 2025-2026. Sur le plan économique, il sonne comme un signal de stabilisation d'un maillon-clé : le transport intérieur du bois. Outre le tarif, l'élément le plus structurant est la levée de la mesure imposant le paiement comptant avant toute prestation, ce qui redonne de l'oxygène à la trésorerie des opérateurs et sécurise la planification des flux. Les discussions annoncées dès 2026 pour le cadre tarifaire 2027 traduisent aussi une volonté de visibilité, dans une filière où les chocs logistiques ont un impact direct sur les volumes exportés et la transformation locale. 

Dans un pays où le rail est l'épine dorsale du corridor intérieur, le partenariat forêt-rail est devenu un sujet de compétitivité nationale. La SETRAG est un acteur incontournable du transport gabonais, structurant l'accès aux ports, aux zones de transformation et aux bassins de production. Chaque amélioration contractuelle dans la chaîne grumes-rail réduit mécaniquement les coûts de rupture, les délais et les frictions administratives, qui finissent par se répercuter sur le prix final des produits bois et sur la capacité des entreprises à investir dans la transformation. 

Les volumes donnent d'ailleurs la mesure de l'enjeu. Le bois représente entre 35 % et 45 % des flux de fret ferroviaire au Gabon, soit plus de 2,5 à 3 millions de tonnes transportées chaque année, en incluant grumes et produits transformés. Cette demande pèse lourdement dans l'équation de performance du corridor, notamment pour l'alimentation des zones industrielles de Ntoum, Owendo et Moanda. 

L'accord UFIGA-SETRAG vaut donc moins par son intitulé que par son effet économique attendu. Aujourd'hui, les coûts logistiques peuvent représenter jusqu'à 30 % du prix sortie usine pour certaines entreprises de transformation du bois, un niveau dissuasif pour l'investissement industriel. Une logistique plus prévisible permettrait d'améliorer la bancabilité des projets de sciage, placage ou contreplaqué, dont les tickets d'investissement oscillent entre 5 et 20 milliards FCFA par unité industrielle dans le bassin du Congo.

La Rédaction

Publié le 09/01/26 16:12

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