Burkina Faso : L’Etat détient désormais une participation de 95% dans le capital de Faso Rails

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Le Burkina Faso opère un tournant stratégique dans la gouvernance de l'un de ses projets industriels et infrastructurels les plus emblématiques. En effet, les autorités ont adopté lors du conseil des ministres de ce 8 janvier, un décret modifiant l'actionnariat de la Faso Rails, Société de fabrique et de pose de rails, ramenant la participation du privé, incarnée par la SOAF, Société ouest-africaine de fonderie, de 25% à 5 %. Désormais, l'État et ses démembrements détiennent 95% du capital social, fixé à 10 milliards FCFA.

Cette révision marque une reprise en main quasi totale de Faso Rails par la puissance publique. Au-delà d'un simple ajustement capitalistique, la décision traduit une volonté politique claire, à savoir sécuriser le pilotage stratégique d'un outil considéré comme central dans la relance et l'extension du réseau ferroviaire national.

Il faut noter que le réseau ferroviaire burkinabè demeure aujourd'hui limité. Il repose essentiellement sur les quelque 600 kilomètres de la ligne Abidjan–Ouagadougou, prolongée vers Kaya. Exploitée depuis 1995 par Sitarail, aujourd'hui intégrée au groupe AGL, Africa Global Logistics, cette infrastructure historique a permis de maintenir une continuité du transport ferroviaire, mais sans générer une dynamique d'expansion nationale significative. En renforçant son emprise sur Faso Rails, l'État burkinabè semble vouloir rompre avec une dépendance prolongée à des modèles concessionnaires hérités du passé, et privilégier une approche plus souveraine et industrialisante du développement ferroviaire.

Créée en août 2024 sous la forme d'une société d'économie mixte et basée à Bobo-Dioulasso, Faso Rails incarne l'ambition du Burkina Faso de se doter d'une capacité nationale de fabrication et de pose de rails. L'objectif est double : réduire la dépendance vis-à-vis des importations et soutenir un vaste programme de développement ferroviaire évalué à près de 70 milliards FCFA.

Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, logistiques et budgétaires, le choix d'un contrôle étatique renforcé apparaît comme un signal fort. Il s'inscrit dans la vision présidentielle de reconstruction et d'extension du réseau ferroviaire, avec l'ambition de relier les principaux chefs-lieux de province et de désenclaver durablement les bassins économiques intérieurs.

Narcisse Angan

Publié le 10/01/26 15:09

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