Gabon : L’État prêt à engager jusqu'à 26 milliards FCFA pour régulariser la situation de 3 000 enseignants

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Une semaine après la reprise officielle des cours, le système éducatif demeure fortement perturbé sur l'ensemble du territoire gabonais. Pour tenter d'enrayer cette paralysie, le gouvernement a acté l'octroi de 300 postes budgétaires et la régularisation de 3 000 situations administratives au sein de l'Éducation nationale. Derrière cette décision, présentée comme une réponse immédiate à la crise, se profile surtout un engagement budgétaire récurrent, désormais chiffrable, qui met à l'épreuve la cohérence du discours officiel sur la rigueur des finances publiques.

Sur la base des données consolidées du ministère de l'Éducation nationale, le secteur compte 25 776 agents pour une masse salariale annuelle de 205,1 milliards FCFA, soit un salaire brut moyen mensuel estimé à 662 700 FCFA. Rapporté à l'année, cela représente environ 7,95 millions FCFA par agent. Dans ces conditions, la régularisation progressive de 3 000 enseignants génère mécaniquement un surcoût annuel compris entre 23,9 et 24 milliards FCFA, hors rappels éventuels, primes spécifiques ou futures revalorisations.

À cet effort s'ajoutent les 300 postes budgétaires “déjà prêts”, destinés notamment aux sortants d'écoles, aux enseignants de sciences et aux bénévoles intégrés dans le système. Leur activation représente un coût supplémentaire estimé à 2,4 milliards FCFA par an. Au total, l'engagement cumulé atteint ainsi près de 26 milliards FCFA annuels. Cet effort équivaut à environ 12,7 % de la masse salariale actuelle de l'Éducation nationale et à moins de 10 % du budget Éducation 2026, annoncé à 272,15 milliards FCFA.

Au-delà du chiffrage, l'exécutif tente d'inscrire cette décision dans une dynamique de réforme administrative. Ce lundi 12 janvier 2026, la ministre d'État Camelia Ntoutoume Leclercq a réuni un Comité de direction (Codir) rassemblant l'ensemble des directeurs de l'administration, avec pour objectif de simplifier et accélérer le traitement des dossiers des agents à travers la mise en place d'un guichet unique. Cette initiative, présentée comme une étape vers une administration plus efficace, fait écho aux orientations du Plan national de croissance et de développement (PNCD), qui identifie le capital humain comme un levier central de la transformation économique.

Le document consulté par Sika Finance, souligne en effet que, malgré un indice de développement humain de 0,703 et une dépense publique élevée dans l'éducation, les résultats restent limités en termes de qualité et d'employabilité, dans un contexte où le chômage des jeunes frôle 35 %. Dans cette perspective, la régularisation de 3 000 enseignants, bien qu'en deça du volume attendu et la création de nouveaux postes ne constituent pas seulement une réponse sociale ou conjoncturelle, mais un investissement dans le capital humain dont la rentabilité dépendra étroitement de la modernisation effective de la gestion administrative, de la gouvernance du secteur éducatif et de l'amélioration mesurable des performances du système.

Idrissa Diakité 

La Rédaction

Publié le 13/01/26 12:43

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