Gabon : Oligui mise sur le plan FAST comme pivot d’un nouveau modèle de financement

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En marge de la présentation de la version préliminaire du Plan national de croissance et de développement (PNDC) 2026-2030 par le ministère de la planification, le président Brice Clotaire Oligui Nguéma a réuni les dirigeants des institutions financières locales pour leur présenter le plan FAST, appelé à devenir le socle d'un nouveau modèle de financement de l'action publique. L'initiative intervient dans un contexte bancaire contrasté entre une activité en croissance et des équilibres encore fragiles.

En effet, sur le plan conjoncturel, la dynamique bancaire gabonaise reste positive. Selon la Note de conjoncture du 3ᵉ trimestre 2025, les dépôts collectés progressent de 4,4 % en glissement trimestriel et de 17 % en glissement annuel, tandis que l'encours de crédits augmente de 5,5 % sur le trimestre et de 7,2 % sur un an. Les fonds propres du secteur se renforcent également, avec une hausse de 7,8 % au 3T-2025, portée par la recapitalisation de plusieurs établissements majeurs.

C'est précisément sur cette base que l'exécutif entend s'appuyer pour mobiliser les banques autour de secteurs structurants comme le logement, l'eau et l'électricité, qui exigent des financements longs et une visibilité sur les flux. Or, la structure actuelle du crédit limite cette ambition. D'après la COBAC, les financements aux États représentent désormais 61 % des crédits bruts bancaires dans la CEMAC, contre 24 % en 2017, illustrant une surexposition persistante au risque souverain et un effet d'éviction du secteur privé.

Au Gabon, cette dépendance se conjugue à une évolution défavorable des ressources. Alors que les dépôts progressent dans la plupart des pays de la CEMAC, ils reculent de 61 milliards FCFA (-2 %) au Gabon en 2024, signalant une crispation des déposants et une contrainte potentielle sur la liquidité. Dans ce contexte, la réussite du plan FAST suppose un changement de méthode : passer d'un financement budgétaire classique à des montages projectisés, sécurisés par des garanties de paiement crédibles.

Par ailleurs, la réactivation du Club de Libreville s'inscrit dans cette logique. En accélérant le règlement de la dette intérieure, l'État cherche à assainir les bilans des entreprises et des banques, libérant ainsi de la capacité de crédit. Étant entendu que sans discipline durable sur l'exécution budgétaire et la gestion des arriérés, le risque est de voir le plan FAST renforcer un modèle bancaire déjà très exposé au souverain, plutôt que d'ouvrir un nouveau cycle de financement de l'économie productive.

La Rédaction

Publié le 17/01/26 16:13

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